Que faites vous le 24 octobre prochain dans l'après midi ?

Sur environ 500 lecteurs de Marsyas2 entre le 7 octobre & aujourd'hui, 26 ont daigné répondre à la question qui fait mal :

Que faites vous le 24 octobre prochain dans l'après midi ?


Pêche, Chasse, Champignons,... Activités nature 2 (7%) - .... Certains avaient deviné qu'il allait beaucoup pleuvoir ces jours derniers.

La sieste suite à un bon repas... 3 (11%) - ... En voilà un bon programme

De l'alpinisme ou de la marche. 1 (3%) - ... ???

Cinéma, théatre, concert... 1 (3%) - La culture est en route

Des courses en famille. 1 (3%) - Ah! la société de consommation n'avance pas des masses.

Du sport ! 1 (3%) - Ils ne sont pas aussi nombreux que ce que l'on peut croire.

Vêpres. 0 (0%) - Les églises se vident...

Prendre le thé chez des amis 0 (0%) - Les anglais ne passeront pas.

Lire. 3 (11%) - Bis, la culture en route...

Visite d'un monument. 2 (7%) - Après cela on nous prend pour des ignares !!!

Rien. 2 (7%) - végétatifs.

Préparation du repas du samedi soir. 3 (11%) - Encore un que les russes n'auront pas...? au fait pourquoi les russes

Travail. 2 (7%) - Respectons ceux qui souffrent & qui payent, les improductifs !!!

Stage culturel ... 0 (0%) - Ignares en marches

Autres 5 (19%) - Ventre mou, minorité agissante ou stagnante, à ne pas laisser pour compte ?


Nombre de votes définitifs : 26

Etre le plus proche possible de son domicile est une réponse écologique aux problèmes de pollutions, & n'oublions pas que le trains fonctionnent à l'énergie nucléaire.
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 18:45

Modifié le samedi 24 octobre 2009 03:55

Jacques-Bénigne BOSSUET : SERMON SUR LA MORT

Jacques-Bénigne BOSSUET : SERMON SUR LA MORT
SERMON SUR LA MORT : Jacques-Bénigne BOSSUET


Domine, veni et vide.
Seigneur, venez et voyez.

- (Joan, XI, 34.)


Me sera-t-il permis aujourd'hui d'ouvrir un tombeau devant la cour, et des yeux si délicats ne seront-ils point offensés par un objet si funèbre? Je ne pense pas, Messieurs, que des Chrétiens doivent refuser d'assister à ce spectacle avec Jésus-Christ. C'est à lui que l'on dit dans notre évangile: Seigneur, venez et voyez où l'on a déposé le corps du Lazare; c'est lui qui ordonne qu'on lève la
pierre, et qui semble nous dire à son tour:

Venez, et voyez vous-mêmes. Jésus ne refuse pas de voir ce corps mort, mais c'est nous, mortels misérables, qui refusons de voir ce triste spectacle, comme la conviction de nos erreurs. Allons, et voyons avec Jésus-Christ; et désabusons-nous éternellement de tous les biens que la mort enlève.

C'est une étrange faiblesse de l'esprit humain que jamais la mort ne lui soit présente, quoiqu'elle se mette en vue de tous les côtés, et en mille formes diverses. On entend dans les funérailles que des paroles d'étonnement de ce que ce mortel est mort. Chacun rappelle en son souvenir depuis quel temps il lui a parlé, et de quoi le défunt l'a entretenu; et tout à coup il est mort. Voilà, dit-on, ce que c'est que l'homme! Et celui qui le dit, c'est un homme; et cet homme ne s'applique rien, oublieux de sa destinée! Ou s'il passe dans son esprit quelque désir volage de s'y préparer, il dissipe bientôt ces noires idées; et je puis dire. Messieurs, que les mortels n'ont pas moins de soin d'ensevelir les pensées de la mort que d'enterrer les morts mêmes. Mais peut-être que ces pensées feront plus d'effet dans nos c½urs, si nous les méditons avec Jésus-Christ sur le tombeau du Lazare; demandons-lui qu'il nous les imprime par la grâce de son Saint-Esprit, et tâchons de la méditer par l'entremise de la Sainte Vierge.

Entre toutes les passions de l'esprit humain l'une des plus violentes, c'est le désir de savoir; et cette curiosité fait qu'il épuise ses forces pour trouver ou quelque secret inouï dans l'ordre de la nature, ou quelque adresse inconnue dans les ouvrages de l'art, ou quelque raffinement inusité dans la conduite
des affaires. Mais, parmi ces vastes désirs d'enrichir notre entendement par des connaissances nouvelles, la même chose nous arrive qu'à ceux qui, jetant bien loin leurs regards, ne remarquent pas les objets qui les environnent: je veux dire que notre esprit, s'étendant par de grands efforts sur des choses fort éloignées, et parcourant, pour ainsi dire, le ciel et la terre, passe cependant si légèrement sur ce qui se présente à lui de plus près, que nous consumons toute notre vie toujours ignorants de ce qui nous touche; et non seulement de ce qui nous touche, mais encore de ce que nous sommes. Il n'est rien de plus nécessaire que de recueillir en nous-mêmes toutes ces pensées qui s'égarent; et c'est pour cela. Chrétiens, que je vous invite aujourd'hui d'accompagner le Sauveur jusques au tombeau du Lazare:
"Veni et vide: Venez et voyez." O mortels,venez contempler le spectacle des choses mortelles; ô homme(s), venez apprendre ce que c'est que l'homme.

Vous serez peut-être étonnés que je vous adresse à la mort pour être instruits de ce que vous êtes; et vous croirez que ce n'est pas bien représenter l'homme, que de le montrer où il n'est plus. Mais, si vous prenez soin de vouloir entendre ce qui se présente à nous dans le tombeau, vous accorderez aisément qu'il n'est point de plus véritable interprète ni de plus fidèle miroir des choses humaines.

La nature d'un composé ne se remarque jamais plus distinctement que dans la dissolution de ses parties. Comme elles s'altèrent mutuellement par le mélange, il faut les séparer pour les bien connaître. En effet, la société de l'âme et du corps fait que le corps nous paraît quelque chose de plus qu'il n'est, et l'âme, quelque chose de moins; mais lorsque, venant à se séparer, le corps retourne à la terre, et que l'âme aussi est mise en état de retourner au ciel, d'où elle est tirée, nous voyons l'un et l'autre dans sa pureté. Ainsi nous n'avons qu'à considérer ce que la mort nous ravit, et ce qu'elle laisse en son entier; quelle partie de notre être tombe sous ses coups, et quelle autre se conserve dans cette ruine; alors nous aurons compris ce que c'est que l'homme: de sorte que je ne crains point d'assurer que c'est du sein de la mort et de ses ombres épaisses que sort une lumière immortelle pour éclairer nos esprits touchant l'état de notre nature. Accourez donc, ô mortels, et voyez dans le tombeau du Lazare ce que c'est que l'humanité: venez voir dans un même objet la fin de vos desseins et le commencement de vos espérances; venez voir tout ensemble la dissolution et le renouvellement de votre être; venez voir le triomphe de la vie dans la victoire de la mort: « Veni et vide. »

O mort, nous te rendons grâces des lumières que tu répands sur notre ignorance: toi seule nous convaincs de notre bassesse, toi seule nous fais connaître notre dignité: si l'homme s'estime trop, tu sais déprimer son orgueil; si l'homme se méprise trop, tu sais relever son courage; et, pour réduire toutes ses pensées à un juste tempérament, tu lui apprends ces deux vérités, qui lui ouvrent les yeux pour se bien connaître: qu'il est méprisable en tant qu'il passe, et infiniment estimable en tant qu'il aboutit à l'éternité. Ces deux importantes considérations feront le sujet de ce discours.


PREMIER POINT

C'est une entreprise hardie que d'aller dire aux hommes qu'ils sont peu de chose. Chacun est jaloux de ce qu'il est, et on aime mieux être aveugle que de connaître son faible; surtout les grandes fortunes veulent être traitées délicatement; elles ne prennent pas plaisir qu'on remarque leur défaut: elles veulent que, si on le voit, du moins on le cache. Et toutefois, grâce à la mort, nous en pouvons parler avec liberté. Il n'est rien de si grand dans ce monde qui ne reconnaisse en soi-même beaucoup de bassesse, à le considérer par cet endroit-là. Vive l'Etemel! Ô grandeur humaine, de quelque côté que je t'envisage, sinon en tant que tu viens de Dieu et que tu dois être rapportée à Dieu, je ne vois rien en toi que je considère, parce que, de quelque endroit que je te tourne, je trouve toujours la mort en face, qui répand tant d'ombres de toutes parts, sur ce que l'éclat du monde voulait colorer, et je ne sais plus sur quoi appuyer ce nom auguste de grandeur, ni à quoi je puis appliquer un si beau titre.

Convainquons-nous, Chrétiens, de cette importante vérité par un raisonnement invincible. L'accident ne peut pas être plus noble que la substance; ni l'accessoire plus considérable que le principal; ni le bâtiment plus solide que le fonds sur lequel 8 est élevé; ni enfin ce qui est attaché à notre être plus grand ni plus important que notre être même. Maintenant, qu'est-ce que notre être? Pensons-y bien, Chrétiens: qu'est-ce que notre être? Dites-le nous, ô Mort; car les hommes superbes ne m'en croiraient pas. Mais, ô Mort, vous êtes muette, et vous ne parlez qu'aux yeux. Un grand roi vous va prêter sa voix, afin que vous vous fassiez entendre aux oreilles, et que vous portiez dans les cours des vérités plus articulées.

Voici la belle méditation dont David s'entretenait sur le trône et au milieu de sa cour. Sire, elle est digne de votre audience :
Ecce mensurabiles posuisti dies meos, et substantiel mea tanquam nihilum ante te. O éternel roi des siècles ! vous êtes toujours à vous-même, toujours en vous-même ; votre être éternellement permanent ni ne s'écoule, ni ne se change, ni ne se mesure ; et voici que vous avez fait mes jours mesurables, et ma substance n'est rien devant vous. Non, ma substance n'est rien devant vous, et tout l'être qui se mesure n'est rien, parce que ce qui se mesure a son terme, et lorsqu'on est venu à ce terme, un dernier point détruit tout, comme si jamais il n'avait été. Qu'est- ce que cent ans, qu'est-ce que mille ans, puisqu'un seul moment les efface ? Multipliez vos jours, comme les cerfs, que la
Fable ou l'Histoire de la nature fait vivre durant tant de siècles ; durez autant que ces grands chênes sous lesquels nos ancêtres se sont reposés, et qui donneront encore de l'ombre à notre postérité ; entassez dans cet espace, qui paraît immense, honneurs, richesses, plaisirs ; que vous profitera cet amas, puisque le dernier souffle de la mort, tout faible, tout languissant, abattra tout à coup cette vaine pompe avec la même facilité qu'un château de cartes, vain amusement des enfants? Que vous servira d'avoir tant écrit dans ce livre, d'en avoir rempli toutes les pages de beaux caractères, puisque enfin une seule rature doit tout effacer? Encore une rature laisserait-elle quelques traces du moins d'elle-même ; au lieu que ce dernier moment, qui effacera d'un seul trait toute votre vie, s'ira perdre lui-même, avec tout le reste, dans le grand gouffre du néant. Il n'y aura plus sur la terre aucun vestige de ce que nous sommes : la chair changera de nature; le corps prendra un autre nom ; même celui de cadavre ne lui demeurera pas longtemps : il deviendra, dit Tertullien, un je ne sais quoi qui n 'a plus de nom dans aucune langue : tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes : Post totum ignobilitatis elogium caducae in originem terram, et cadaveris nomen ; et de isto quoque nomme perituraein nulîum inde jam nomen, in omnisjam vocabuli mortem.

Qu'est-ce que ma substance, ô grand Dieu ? J'entre dans la vie pour en sortir bientôt ; je viens me montrer comme les autres ; après, il faudra disparaître. Tout nous appelle à la mort : la nature, presque envieuse du bien qu'elle nous a fait, nous déclare souvent et nous fait signifier qu'elle ne peut pas nous laisser longtemps ce peu de matière qu'elle nous prête, qui ne doit pas demeurer dans les mêmes mains, et qui doit être éternellement dans le commerce : elle en a besoin pour d'autres formes, elle la redemande pour d'autres ouvrages.

Cette recrue continuelle du genre humain, je veux dire les enfants qui naissent, à mesure qu'ils croissent et qu'ils s'avancent, semblent nous pousser de l'épaule, et nous dire : Retirez-vous, c'est maintenant notre tour. Ainsi, comme nous en voyons passer d'autres devant nous, d'autres nous verront passer, qui doivent à leurs successeurs le même spectacle. O Dieu ! encore une fois, qu'est-ce que nous ? Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas ! Si je la retourne en arrière, quelle suite effroyable où je ne suis plus ! et que j'occupe peu de place dans cet abîme immense du temps ! Je ne suis rien : un si petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant : on ne m'a envoyé que pour faire nombre ; encore n'avait-on que faire de moi, et la pièce n'en aurait pas été moins jouée, quand je serais demeuré derrière le théâtre.

Encore, si nous voulons discuter les choses dans une considération plus subtile, ce n'est pas toute retendue de notre vie qui nous distingue du néant ; et vous savez, Chrétiens, qu'il n'y a jamais qu'un seul moment qui nous en sépare. Maintenant, nous en tenons un ; maintenant il périt ; et avec lui nous péririons tous, si, promptement et sans perdre temps, nous n'en saisissions un autre semblable, jusqu'à ce qu'enfin il en viendra un auquel nous ne pourrons arriver, quelque effort que nous fassions pour nous y étendre ; et alors nous tomberons tout à coup, manque de soutien. O fragile appui de notre être ! ô fondement ruineux de notre substance ! Ha ! vraiment l'homme passe de même qu'une ombre, ou de même qu'une image en figure ; et comme lui-même n'est rien de solide, il ne poursuit aussi que des choses vaines, l'image du bien, et non le bien même...

Que la place est petite que nous occupons en ce monde ! si petite certainement et si peu considérable, qu'il me semble que toute ma vie n'est qu'un songe. Je doute quelquefois, avec Amobe, si je dors ou si je veille. Je ne sais si ce que j'appelle veiller n'est peut-être pas une partie un peu plus excitée d'un sommeil profond ; et si je vois des choses réelles, ou si je suis seulement troublé par des fantaisies et par de vains simulacres. « Praeterit figura hujus mundi : La figure de ce monde passe, et ma substance n'est rien devant Dieu. »



SECOND POINT

N'en doutons pas. Chrétiens : quoique nous soyons relégués dans cette dernière partie de l'univers, qui est le théâtre des changements et l'empire de la mort ; si nous savons rentrer en nous-mêmes, nous y trouverons quelque principe qui montre bien par une certaine vigueur son origine céleste.

Je ne suis pas de ceux qui font grand état des connaissances humaines ; et je confesse néanmoins que je ne puis contempler sans admiration ces merveilleuses découvertes qu'à fait[es] la science pour pénétrer la nature, ni tant de belles inventions que l'art a trouvées pour l'accommoder à notre usage. L'homme a presque changé la face du monde : il a su dompter par l'esprit les animaux, qui le surmontaient par la force ; il a su discipliner leur humeur brutale et contraindre leur liberté indocile. Il a même fléchi par adresse les créatures inanimées : la terre n'a-t-elle pas été forcée par son industrie à lui donner des aliments plus convenables, les plantes à corriger en sa faveur leur aigreur sauvage, les venins même à se tourner en remèdes pour l'amour de lui ? Il serait superflu de vous raconter comme il sait ménager les éléments, après tant de sortes de miracles qu'il fait faire tous les jours aux plus intraitables, je veux dire au feu et à l'eau, ces deux grands ennemis, qui s'accordent néanmoins à nous servir dans des opérations si utiles et si nécessaires. Quoi plus ? il est monté jusqu'aux cieux : pour marcher plus sûrement, il a appris aux astres à le guider dans ses voyages ; pour mesurer plus également sa vie, il a obligé le soleil à rendre compte, pour ainsi dire, de tous ses pas. Mais laissons à la rhétorique cette longue et scrupuleuse énumération, et contentons-nous de remarquer en théologiens que Dieu ayant formé l'homme, dit l'oracle de l'Ecriture, pour être le chef de l'univers, il lui a laissé un certain instinct de chercher ce qui lui manque dans toute l'étendue de la nature. C'est pourquoi, si je l'ose dire, il fouille partout hardiment comme dans son bien, et il n'y a aucune partie de l'univers où il n'ait signalé son industrie.

Pensez maintenant. Messieurs, comment aurait pu prendre un tel ascendant une créature si faible et si exposée, si elle n'avait en son esprit une force supérieure à toute la nature visible, un souffle immortel de l'Esprit de Dieu, un trait de sa ressemblance.

Non, non, il ne se peut autrement. Si un excellent ouvrier a fait quelque machine, aucun ne peut s'en servir que par les lumières qu'il donne. Dieu a fabriqué le monde comme une grande machine que sa seule sagesse pouvait inventer, que sa seule puissance pouvait construire. O homme ! Il t'a établi pour t'en servir, il a mis, pour ainsi dire, en tes mains toute la nature pour rappliquer à tes usages ; il t'a même permis de l'orner et de l'embellir par ton art : car qu'est-ce autre chose que Part, sinon
l'embellissement de la nature ? Tu peux ajouter quelques couleurs pour orner cet admirable tableau ; mais comment pourrais- tu faire remuer tant soit peu une machine si forte et si délicate, s'il n'y avait en toi-même quelque portion de cet Esprit ouvrier qui a fait le monde ?

Mais tout cela n'est rien. Chrétiens ; et voici le trait le plus admirable de cette divine ressemblance. Dieu se connaît et se contemple ; sa vie, c'est de se connaître : et parce que l'homme est son image, il veut aussi qu'il le connaisse être éternel, immense, infini, exempt de toute matière, libre de toutes limites, dégagé de toute imperfection. Chrétiens, quel est ce miracle ? Nous qui ne sentons rien que de borné, qui ne voyons rien que de muable, où avons-nous pu comprendre cette éternité? où avons-nous songé cette infinité? Ô éternité ! ô infinité ! dît saint Augustin, que nos sens ne soupçonnent pas seulement, par où donc êtes-vous entrées dans nos âmes ? Mais si nous sommes tout corps et toute matière, comment pouvons-nous concevoir un esprit pur ? et comment avons-nous pu seulement inventer ce nom ?

Je sais ce que l'on peut dire en ce lieu, et avec raison : que, lorsque nous parlons de ces esprits, nous n'entendons pas trop ce que nous disons. Notre faible imagination, ne pouvant soutenir une idée si pure, lui présente toujours quelque petit corps pour la revêtir. Mais, après qu'elle a fait son dernier effort pour les rendre bien subtils et bien déliés, ne sentez-vous pas en même temps qu'il sort du fond de notre âme une lumière céleste qui dissipe tous ces fantômes, si minces et si délicats que nous ayons pu les figurer ? Qui ne voit qu'il y a en cette âme un ressort caché qui n'agit pas encore de toute sa force, qu'il ne tient pas tout entier à la matière et qu'il est comme attaché par sa pointe à quelque principe plus haut ?

Il est vrai. Chrétiens, je le confesse, nous ne soutenons pas longtemps cette noble ardeur ; l'âme se replonge bientôt dans sa matière. Elle a ses langueurs et ses faiblesses.

C'est pourquoi les sages du monde, voyant l'homme, d'un côté si grand, de l'autre si méprisable, n'ont su que penser ni que dire : les uns en feront un dieu, les autres en feront un rien ; les uns diront que la nature le chérit comme une mère et qu'elle en fait ses délices ; les autres, qu'elle l'expose comme une marâtre et qu'elle en fait son rebut ; et un troisième parti, ne sachant plus que deviner touchant la cause de ce mélange, répondra qu'elle s'est jouée en unissant deux pièces qui n'ont nul rapport, et ainsi que, par une espèce de caprice, elle a formé ce prodige qu'on appelle l'homme.

Vous jugez bien. Chrétiens, que ni les uns ni les autres iront donné au but, et qu'il n'y a plus que la foi qui puisse expliquer une si grande énigme. Vous vous trompez, ô sages du siècle : l'homme n'est pas les délices de la nature, puisqu'elle l'outrage en tant de manières ; l'homme ne peut non plus être son rebut, puisqu'il y a quelque chose en lui qui vaut mieux que la nature elle-même, je parle de la nature sensible. Maintenant parler de caprice dans les ouvrages de Dieu, c'est blasphémer contre sa sagesse. Mais d'où vient donc une si étrange disproportion ! Faut-il, chrétiens, que je vous le dise ? et ces masures mal assorties avec ces fondements si magnifiques ne crient-elles pas assez haut que l'ouvrage n'est pas dans son entier? Contemplez ce grand édifice, vous y verrez des marques d'une main divine ; mais l'inégalité de l'ouvrage vous fera bientôt remarquer ce que le péché a mêlé du sien.

Est-ce donc là cet homme fait à l'image de Dieu, le miracle de sa sagesse, et le chef d'½uvre de ses mains ? C'est lui-même, n'en doutez pas. D'où vient donc cette discordance ? Et pourquoi vois-je ces parties si mal rapportées ? C'est que l'homme a voulu bâtir à sa mode sur l'ouvrage de son créateur, et il s'est éloigné du plan : ainsi, contre la régularité du premier dessin, l'immortel et le corruptible, le spirituel et le charnel. Fange et la bête, en un mot, se sont trouvés tout à coup unis. La foi nous a rendus à nous-mêmes, et nos faiblesses honteuses ne peuvent plus nous cacher notre dignité naturelle.

Mais, hélas ! que nous profite cette dignité ? Quoique nos ruines respirent encore quelque air de grandeur, nous n'en sommes pas moins accablés dessous ; notre ancienne immortalité ne sert qu'à nous rendre plus insupportable la tyrannie de la mort, et quoique nos âmes lui échappent, elles n'ont pas à se vanter d'une éternité si onéreuse. Que dirons-nous Chrétiens ? Que répondrons-nous à une plainte si pressante ? Jésus-Christ y répondra dans notre évangile.

Il vient voir la Lazare décédé, il vient visiter la nature humaine qui gémit sous l'empire de la mort. Ha ! cette visite n'est pas sans cause : c'est l'ouvrier même qui vient en personne pour reconnaître ce qui manque à son édifice ; c'est qu'il a dessein de le reformer suivant son premier modèle :
Secundum imaginent ejus qui creavit illum.

Voici en la personne de Jésus-Christ la résurrection et la vie : qui croit en lui, ne meurt pas ; qui croit en lui, est déjà vivant d'une vie spirituelle et intérieure. Mais le corps est cependant sujet à la mort !- O âme, console-toi : si ce divin architecte, qui a entrepris de te réparer, laisse tomber pièce à pièce ce vieux bâtiment de ton corps, c'est qu'il veut te le rendre en meilleur état, c'est qu'il veut le rebâtir dans un meilleur ordre ; il entrera pour un peu de temps dans l'empire de la mort, mais il ne laissera rien entre ses mains, si ce n'est la mortalité.

Que crains-tu donc, âme chrétienne ? Peut- être qu'en voyant tomber ta maison, tu appréhendes d'être sans retraite ? Mais écoute le divin apôtre : Nous savons, dit-il, que si cette maison de terre et de boue, dans laquelle nous habitons, est détruite, nous avons une autre maison qui nous est préparée au ciel. O conduite miséricordieuse de celui qui pourvoit à nos besoins ! Ha dessein, dit excellemment saint Jean Chrysostome, de réparer la maison qu'il nous a donnée : pendant qu'il la détruit et qu'il le renverse pour la refaire toute neuve, il est nécessaire que nous délogions. Et lui-même nous offre son palais ; il nous donne un appartement, pour nous faire attendre en repos l'entière réparation de notre ancien édifice.



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# Posté le lundi 05 octobre 2009 16:45

Bruno Durand et LA / LES langue(s) d'oc

Bruno Durand et LA / LES langue(s) d'oc

Le nom de Bruno DURAND (1890-1975) est bien connu des provençalistes. Pour les autres, je donne ici quelques détails : ce Provençal fut archiviste et conservateur de la Bibliothèque Méjanes d'Aix. Un savant donc. Comme écrivain, félibre et mistralien, palmarès impressionnant :
- Lauréat des grands jeux floraux septénaires du Félibrige en 1913
- Collaborateur de l'Armana Prouvençau, de l'Armana di Felibre , de Marsyas entre autres
- Majoral du Félibrige de 1937 à sa mort, soit près de 40 ans
- Il était le neveu de Léon de Berluc-Pérussis, autre grand savant provençaliste dont il publia la correspondance avec Mistral et Mariéton.
A sa mort, le Capoulier René Jouveau lui rendit un hommage appuyé : Un grand humaniste provençal, B. Durand, 1890-1975. Et la revue du Majoral B. Giély, Prouvènço d'aro, ne manqua pas de l'évoquer à l'occasion du centenaire de sa naissance (n° 39 et 40, oct. Nov. 1990)
C'est peu dire que B. Durand faisait l'unanimité au Félibrige. Ajoutons à son activité intellectuelle la rédaction d'une des premières Grammaires provençales destinées à l'enseignement : 1ère édition en 1923, 3e édition en 1941, 5e édition en 1977... et, non signalée par Fourié 2009, une 6e édition « complétée d'un index » qui paraît en 1983, publiée par les soins du « Prouvençau à l'Escolo » et qui compte plus de 200 pages. C'est cette 6e édition que je cite.
Que cette grammaire ait été le fruit d'un travail collectif de la fine fleur du mistralisme de l'époque, c'est ce que nous prouvent et la dédicace « A la mémoire de CHARLES MAURON, défenseur de notre langue et inspirateur du provençal à l'école », et l'Introduction qui cite pour les remercier : le Capoulier René Jouveau, les Majoraux E. Aude et P. Fontan ainsi que le rèire-Capoulier C. Rostaing, romaniste de grande renommée. C'est assez dire que cet ouvrage est construit sur des bases scientifiques sérieuses, et qu'il ne pourra guère passer pour une machine de guerre anti-félibréenne.
Dès la première phrase de son Introduction, l'auteur nous parle de « la langue et des lettres provençales », mais on ne peut guère savoir s'il entend par « langue provençale » ce que nous comprenons nous les tenants DES langues d'oc, ou si au contraire il emploie le terme en mistralien orthodoxe, à savoir comme équivalent de « langue d'oc » unique.
On remarquera, dans la même Introduction, la prise de position de B. Durand sur la graphie, prise de position qui certes nous conforte dans notre conviction que la graphie moderne dite mistralienne doit être respectée et donc défendue, mais qui aborde avec franchise et modération le problème des oppositions à cette graphie :
« Nul ne s'étonnera que, nous adressant à des Provençaux, nous ayons scrupuleusement adopté l'orthographe officielle de Mistral et de ses plus notables disciples. Cette orthographe a été parfois mise en cause et nous n'ignorons pas les reproches qu'à tort ou à raison on a pu lui adresser. Les préférences et les critiques sont affaires personnelles et nous n'avons pas à les discuter ici. Qu'il nous suffise de souligner le respect que nous devons aux chefs-d'½uvre de nos devanciers : il nous interdit d'en dénaturer la présentation. Une honnête grammaire doit se borner à constater les usages des meilleurs écrivains. » (pages 9-10)
« Notables disciples », « meilleurs écrivains » : le Majoral B. Durand est bien persuadé, comme Mistral et nous tous, que la langue provençale qui mérite d'être décrite dans sa grammaire est bien celle des bons et vrais écrivains, ceux de la graphie mistralienne. Comme je partage évidemment cette opinion, je me permets de réaffirmer ici que le Majoral Giély a produit une ½uvre littéraire qui a plus d'importance, pour la défense et promotion de sa langue, que celle de tout écrivain occitan, fût-il proclamé Pape par quelques idolâtres.
Mais revenons un instant à cette notion, donnée en première phrase sans autre précision, de « langue provençale » : B. Durand nous affirme maintenant qu'il s'adresse « à des Provençaux », afin de justifier son choix de la graphie mistralienne. Et là, les choses se précisent nettement : cette grammaire de « la langue provençale » qui ne s'adresse qu'à des Provençaux, c'est à l'évidence celle de la stricte région de Provence, et ce que le Majoral B. Durand appelle LA LANGUE PROVENÇALE est donc bien la langue parlée en Provence, et pas en Limousin ou en Languedoc. Ce n'est pas « la langue d'oc », c'est « la langue provençale de Provence », celle qui a été illustrée par Mistral et ses disciples d'expression provençale.
Mais l'essentiel selon moi ne se trouve pas ici : il se trouve en fin d'ouvrage, dans un chapitre intitulé « Les dialectes d'oc », et qui commence par la phrase suivante, où chaque mot a son importance :
Le provençal n'est qu'un des dialectes de l'immense marqueterie de dialectes, issus du latin, et connus sous le nom de langues d'oc. (page 167)
Phrase lumineuse, qui éclaire la vision du majoral grammairien (avec la supervision et la caution scientifique d'un C. Rostaing) : le provençal est A LA FOIS « dialecte » et « langue », selon le point de vue qu'on adopte. Si l'on adopte une vision historique (je vous fais grâce du vocabulaire linguistique précis), on constate que le provençal vient de la langue latine : c'est donc, affirme B. Durand, UN DIALECTE NEO-LATIN. Et l' « immense marqueterie » qu'il évoque, c'est bien sûr l'ensemble de ces « dialectes issus du latin » qu'on a l'habitude d'appeler LANGUES ROMANES. De ce point de vue, la filiation du provençal est de la même nature que celle du français, de l'italien, du roumain, bref de toutes les autres LANGUES LATINES. Et donc, COMME LE FRANÇAIS, le provençal est A LA FOIS un dialecte du latin, et une langue romane à part entière.
C'est la fin de la phrase qui constitue pour nous la plus éclairante façon d'affirmer les choses comme nous les voyons nous-mêmes : ces « dialectes issus du latin » sont « CONNUS SOUS LE NOM DE LANGUES D'OC ». d'où il ressort que les « dialectes d'oc » dont va parler le chapitre sont des « langues d'oc » ! Il semble n'y avoir ici aucune contradiction : le provençal, avec le languedocien, le gascon, le limousin et l'auvergnat (les 4 autres « dialectes d'oc » que va décrire B. Durand) sont dialectes par rapport au latin, mais on les connaît comme DES LANGUES D'OC.
Vu le nombre et la qualité des Majoraux et Capouliers qui ont contribué à cet ouvrage et en ont relu les épreuves, on se doute bien que cette phrase n'est pas un lapsus, ni une lubie individuelle : elle constitue, à mes yeux, une bonne base de dialogue avec les félibres qui, partisans de l'unité de LA langue d'oc, craignent peut-être de se mettre en contradiction avec une « vérité mistralienne » établie de tous temps, s'ils reconnaissaient la pluralité DES langues d'oc. Le simple fait que nous ayons « avec nous » des B. Durand, R. Jouveau et autres Rostaing pourra peut-être faire penser à certains que notre vision du pluralisme n'est sans doute pas si hérétique que cela.
Mais (et c'est là, et pas ailleurs , que je voulais en venir), que les tenants DES langues d'oc ne se hâtent pas trop vite de proclamer que le majoral Durand (Bruno) vient de porter un coup fatal à la pensée unitariste de LA langue d'oc : dans la même page 167, juste quelques lignes plus bas, B. Durand écrit :
Quant aux limites géographiques du domaine de LA langue d'oc... (le LA majuscule est de mon fait)
Contradiction, donc ? Oui, je le pense bien, et c'est cette contradiction qui m'intéresse : l'historien, le latiniste affirment l'existence (reconnue) DES langues d'oc, mais le pédagogue, lui, préfère parler des dialectes de LA langue d'oc, dans une vision qui est d'ailleurs confortée par le titre du chapitre précédent : « Les sous-dialectes Provençaux »
Chacun pourra interpréter à sa guise, et suivant ses connaissances, la contradiction LA/LES LANGUE(S) D'OC chez B. Durand, mais je rappelle ici que nous, les tenants DES langues d'oc, nous ne voulons absolument pas démontrer la fausseté de l'appellation « la langue d'oc », parce que nous n'y voyons pas un point de DOCTRINE. Nous affirmons simplement que, pour une sauvegarde plus efficace des variétés d'oc parlées et pratiquées, chacun doit être maître de l'appellation et de la graphie de sa parladure locale. Que les Auvergnats aient choisi, pour habiller leur langue, une graphie qui n'est ni « occitane » ni « mistralienne », nous n'avons rien à y redire, puisque c'est la décision des Auvergnats eux-mêmes ; et qu'en Languedoc, une majorité puisse choisir d'habiller sa langue avec une graphie « occitane » ne nous dérange pas davantage.
Mais ce qui, nous Cévenols, nous unit avec les Provençaux, c'est le choix d'une graphie moderne qu'on appelle « mistralienne », et c'est bien cette graphie qui, malgré les crises et les crispations, nous unit à une bonne partie des félibres, tout particulièrement en Provence. Je terminerai donc par une citation de la Grammaire de B. Durand qui devrait faire l'unanimité entre nous (page 157):
Nous avons suivi aussi scrupuleusement que possible, pour la notation des formes, le système graphique adopté par Mistral dans son génial Trésor du Felibrige, parce que seul cet ouvrage jouit en la matière d'une autorité indiscutée.
La graphie mistralienne, à la fois moderne et traditionnelle, souple et logique, est généralement adoptée, tant en France qu'à l'étranger, par les lettrés et les philologues. Elle s'élève seule au-dessus des caprices individuels des patoisants et des prétentieuses fantaisies des archaïsants.
L'échec constant, tout au moins en Provence, des tentatives de réforme graphique souligne l'excellence de ce système.
On a certes le droit de penser que, depuis 25 ans, la graphie dite « occitane » a fait de tels progrès que toute lutte contre elle est désormais impossible : mais cette célèbre (et humoristique) devise inscrite sur les murs de Prague en 1968 (« Bienvenue à nos envahisseurs bien-aimés ») est-elle vraiment d'actualité en Provence, en Cévennes, en Auvergne et ailleurs ? En Provence, l'occitanisme graphique reste encore très minoritaire : que les félibres qui s'en plaignent lèvent le doigt ! Je sais qu'ils existent, mais je ne les compte pas au nombre de mes correspondants.
Quant à l'Auvergne et à la Cévenne, on peut dire que l'Alliance des Langues d'Oc regroupe les forces vives de ceux qui ont contribué à y rejeter l'occitanisme dans la minorité, s'agissant de pays où le Félibrige n'existe plus depuis très longtemps (je parle d'Auvergne linguistique au sens strict : je sais que le Cantal, essentiellement de langue languedocienne, est terre félibréenne)
La leçon qu'on peut tirer de la lecture de la Grammaire de B. Durand me semble claire : il n'y a pas d'opposition de DOCTRINE entre l'idée de LA langue d'oc et celle DES langues d'oc, juste des points de vues différents, que l'auteur adopte tout à tour et nous présente donc comme complémentaires et non contradictoires. N'est-ce pas là une bonne leçon de pratique linguistique du mistralisme ? N'est-ce pas là la preuve vivante qu'il n'y a pas de « vérité mistralienne » à ce sujet ? Je répète ici avec force que mon intention n'est certes pas de prouver aux tenants de LA langue d'oc qu'ils ont tort selon Mistral, mais de les convaincre que nous, les tenants DES langues d'oc, nous sommes AUSSI des mistraliens.
Dit sur un plan très concret : je ne vois pas en quoi le fait de manifester à Beaucaire ce 3 octobre en faveur DES langues d'oc serait un acte de guerre, ou même de défiance, à l'encontre du Félibrige ? Et si je critique la décision du Félibrige de s'unir avec les Occitans pour manifester en faveur de LA langue d'oc à Carcassonne, c'est parce que cette décision s'identifie avec la déclaration du Capoulier sur l'infaillibilité du Félibrige (« soulet camin de verita »). Il en résulte pour nous un sentiment de frustration qui est facile à comprendre : quoi !nous, amis du Félibrige (presque tous félibres !) et défenseurs de la langue et de la graphie de Mistral, nous serions rejetés dans les ténèbres de l'hérésie pour affirmer ce que tant de félibres, mainteneurs, majoraux et capouliers, ont écrit en toute bonne foi, à savoir l'existence DES langues d'oc ou de telle ou telle langue d'oc qui ne va pas « des Alpes aux Pyrénées » ?
Je demande à tous, une fois de plus, de bien vouloir réfléchir aux conséquences de la déclaration capoulière : si le Félibrige d'aujourd'hui est vraiment « lou soulet camin de verita », alors tout « vrai » félibre doit accepter l'idée que manifester avec les occitans est la seule solution pour sortir de la crise, et que tous ceux qui ont écrit « la langue provençale », « la langue cévenole », « la langue gasconne », etc. sont des hérétiques, des non-mistraliens, pire : des anti-mistraliens : ça commence à faire beaucoup de monde à excommunier !
En vérité, je ne pense pas une seule seconde que le Capoulier ni le Baile soient prêts à assumer ce rôle de Grands Inquisiteurs du Mistralisme : tout me laisse à penser au contraire qu'ils sont, l'un et l'autre, de loyaux serviteurs de la Cause, et qu'ils n'ont avec nous que des divergences stratégiques, voire tactiques. Mais dans ce cas, il faut DISCUTER de la stratégie et de la tactique, il faut donc retirer, et au plus vite, cette définition malheureuse du Félibrige-qui-détient-la-vérité, définition qui bloque radicalement tout espoir de parvenir enfin à un accord pour ouvrir des discussions.
J'avais dit que je renonçais à servir d'intermédiaire entre les Catau du Félibrige et les partisans DES langues d'oc, mais devant la situation actuelle, à la fois de très grande tension et de signes concrets de bonne volonté de part et d'autre des tranchées, je n'hésite pas à solliciter EN URGENCE toutes les bonnes volontés pour arriver à cette « paix des braves » dont nous aurions tous très besoin.
J'implore donc, d'une part, les tenants de la pluralité DES langues d'oc de tendre franchement et délibérément la main aux mistraliens du Félibrige partisans de LA langue d'oc, et d'autre part, le Capoulier et la direction du Félibrige d'abandonner clairement toute prétention à incarner une quelconque « vérité unique » en matière de mistralisme. La semaine qui s'ouvre, et qui se terminera par la première des deux manifestations en faveur DE LA / DES langue(s) d'oc sera de ce point de vue déterminante.

En Cévennes ce 26 septembre 2009

Yves Gourgaud
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 12:56

Modifié le lundi 05 octobre 2009 16:47

ça boulègue en Auvergne : exlusion radiation tempête dans un verre d'eau ? Non au Félibrige...

Ci desous un échange entre 3 félibres : 2 d'auvergnes + 1 velavo-cévenol...
Dommage qu'il n'y ait pas d'occitans en vu, il ne serit pas reparti à vide!!! Non je plaisante...

En avant partout & musique s'il vous plait ( en rouge le méchant, en bleu le bon, en noir la lettre & l'esprit ) :

Avant tout ce qui suit un léger rappel ... presque un désepoir du fait de celui qui a allumé la mèche
.

Règles Félibre de 1862 :
...
Art. 2. -Lou félibrige es gai, amistous frairenau plen de simplesso et de franquesso. Soun vin es la bèuta, soun pan es la bounta, soun camin la verita. A soun soulèu pèr regalido, tiro sa sciènci de l'amour, e bouto en Diéu soun esperanço.

Art 2 . - Le Félibrige est fondé sur la joie, l'amitié & la fraternité, en toute simplicité & franchise. Son vin est la beauté, son pain est la bienfaisance, son chemin la vérité. De son soleil, il tire sa science en l'amour, & il met en Dieu son espérance !




LETTRE DE M. BONNET, SYNDIC D'AUVERGNE DU FELIBRIGE
AU FELIBRE D'AUVERNHO, A. BROC

Sant-Paul dels Landas lo 18 de setembre 2009
Al senher Alan Bròc,

Es amb tristesa qu' ai legit desempuèi quauques temps vòstre « Blog » sobre l'internet .Lo contengut dels vòstres prépaus , a ,uèi, despassat las bolas de la cortesiá elementaria .
Primièrament vos farai remarcar que la responsa «mail»que vos ai facha personalament n'èra pas a botar sus vòstre « Blog » , n'aimi pas aquel biais de faire : çò personal dèu demorar personal.
N'ai pas coma vos , fachas d'escòrnas a degun al prepaus de posicions de grafia o de politica que son vòstras e que personalament n'apròbi pas, tant coma lo burèu de la mantenença d'Auvèrnha .
Vos autorisam pas a emplegar lo titol de felibre d'Auvèrnha per escriure al siu nom , pas mai que de dire que los felibres d'Auvèrnha seràn pas a Carcassona lo 24 d'octobre : ièu sendi d'Auvèrnha i serai pas per rason de santat ....maluròsament ! los autres i seràn se pòdon .
Los prepaus e insultas que prodiguètz publicament sus vòstre « Blog » al senher Mouttet , capoulié del felibrige, son difamatòris e non tolèrables e sobre tot pas dignes d'un personatge que se reclama del felibrige e de Mistral , nòstre mestre fondador e grand umanista .
Vos rampèli que la posicion del capoulié sobre la manifestacion de Carcassona es la posicion felibrenca ! fau legir los escritchs e decisions presas en reünion a las Santa-Estella .
Ausi esperar que tot aquò n'es pas vòstre biais prigond de pensar , e per nòstra part vos consideram pas dels nòstres e vos donam pas autorisacion de parlar al nom de la mantenença.
Demandi al consistòri del felibrige de refusar vòstre escotisson a comptar de l'an que ven !.

Lo sendi , M Bonnet.
Còpia : al Capoulié del felibrige per çò que voldrà lo burèu ò consistòri




REPONSE DU FELIBRE D'AUVERNHO, A BROC
A M. BONNET, SYNDIC D'AUVERGNE DU FELIBRIGE

Vousto letro insultanto es passado soubre Info d'oc. L'avet pas mandado persounalomen.
Ei respectat menimousomen lis estatuts del Felibrige.
Se moun escoutissou es refuzat, farèi un proucès per vous coustrenhe à me reïntegra, per oubteni de desdaumajomens financiers, e per oubteni una coundennaciou del Felibrige per avedre pas respectat lis articles de la lèi de 1901 soubre lis assouciacious.
Sèi Felibre d'Auvernho, me fau insulta souvent per li disciples del coulabouraciounisto Adrien Louis Alibert à causo d'acò. Ei pas besou del lequet de digu per afourti que sèi felibre.
Ei pas jamai pretendut parla al noum de toùti li felibres d'Auvernho. Sabi que i o de gestapoccitans infiltrats un pauc pertout din lou Felibrige Mas coustati qu'ei manifestacious occitanos en deforo d'Auvernho i o pas jamai mai de uèit felibres d'Auvernho.





QUI EST « FELIBRE » ?
Quelques réflexions en réponse à une lettre du Syndic d'Auvergne en date du 18 IX 2009

Monsieur Bonnet,

J'ai pris connaissance de la lettre courroucée que vous avez adressée au Félibre d'Auvergne, A. Broc, des reproches que vous lui faites ainsi que de la menace de l'exclure de la famille félibréenne.
J'ai bien noté que vous lui écrivez dans un patois et une graphie occitans, alors que le Félibre d'Auvergne, lui, écrit en auvergnat et dans la graphie de Mistral : bien curieuse façon de donner des leçons de mistralisme !
En effet, à l'image de vos maîtres MM Mouttet et Courbet, vous concevez le mistralisme comme une vérité énoncée sans appel par Dieu le Père (non pas Mistral, hélas, mais le Capoulier du moment). Nous (le Félibre d'Auvergne et moi-même) avons une tout autre conception du mistralisme, et en conséquence du Félibrige.
Et puisque vous prenez Mistral à témoin (ce qui nous convient parfaitement !) et vous indignez de ce qu'un félibre puisse critiquer la sacro-sainte association où vous êtes encigalé, nous vous rappellerons pour commencer que notre Mistral (le nôtre et le vôtre) à traité, en son temps, le Félibrige de « panier de crabes » (sa de gàrri). Auriez-vous demandé au Félibrige de refuser la cotisation de Mistral pour insulte à l'organisation ?
Mais venons-en au vif du sujet : le Félibre d'Auvergne, selon vous, n'aurait pas le droit de se dire « Félibre d'Auvergne » parce qu'il critique non pas le Félibrige, mais certains aspects de sa politique présente ?? C'est tout simplement ridicule, et je vais vous le démontrer par Mistral, plus exactement par ce que les mistraliens ont, dès le début, considéré comme la « Loi du Félibrige ». Je me doute que vous ne lisez guère les textes fondateurs du Félibrige, vu qu'ils ne sont pas écrits en bonne langue occitane comme votre prose, donc je vous donne références et citation :
A la PREMIERE PAGE du PREMIER Armana Prouvençau (celui de 1855, Pourtissoun), il est écrit par un des fondateurs du Félibrige :

Mai quand auren touto lèsto LA LÈI QU'UN FELIBRE VÈN D'ADOUBA, e que dis mies que noun poudès lou crèire perqu'acò's ansin, perqu'acò's autramen, FOUDRA BÈN QUE RES MUTE.

Dans son Histoire du Félibrige, le Capoulier René Jouveau commentait sobrement : « Voilà une profession de foi assez claire » (page 80)
Cete LOI DES FELIBRES que Mistral préparait, c'est tout simplement, Monsieur le syndic, le TRESOR DÓU FELIBRIGE. Pendant plus de vingt ans de sa vie, Mistral s'est échiné à montrer aux félibres le chemin (pour le coup, le vrai, le seul « camin de verita », n'est-ce pas Monsieur le Capoulier ?) de la LOI graphique, celle devant qui PERSONNE NE DOIT LEVER LANGUE (c'est la définition d'une Loi).
Le TRESOR du FELIBRIGE : si vous n'avez pas compris que Mistral a donné ce titre, étrange pour un dictionnaire, à la Loi des Félibres justement pour en faire une Loi, tant morale que pratique, alors vous n'êtes tout simplement pas mistralien.
Les félibres, TOUS LES FELIBRES doivent, selon Mistral, obéir à sa LOI graphique, contenue dans sa Grande ¼uvre, le TDF. Une preuve supplémentaire : le sonnet-dédicace qui précède l'½uvre elle-même : Au Miejour. J'en cite les trois derniers vers :

O POPLE DÓU MIEJOUR, escouto moun arengo :
SE VOS RECOUNQUISTA L'EMPÈRI DE TA LENGO,
Pèr t'arnesca de nòu, PESCO EN AQUÉU TRESOR.

Je sais bien que les encigalés de votre espèce ont tendance, ayant reçu un hochet, à se croire au-dessus du commun : il n'empêche que, pour Mistral, vous faites partie de ce « peuple du Midi » qui doit pêcher dans le TDF. Et si vous ne le faites pas –votre écriture occitane en fournit la preuve accablante- alors je redis que vous n'êtes pas mistralien, puisque vous trahissez l'oeuvre majeure du Maître.
Ce ne serait dommage que pour vous, si vous n'aviez pas, comme vos maîtres, la folle prétention de donner des leçons de mistralisme à ceux qui, fidèlement, ont suivi la Loi mistralienne !

Le Félibre d'Auvergne, fidèle à la graphie du Maître, est cent fois plus digne que vous de porter le nom de Félibre.

Et ce n'est pas tout : il vous faudra boire la coupe jusqu'à la lie, monsieur le syndic. Puisque vous osez prétendre que le Félibre d'Auvergne usurpe ce titre de « félibre », veuillez ouvrir la Loi du Félibrige à la page 1113 pour y lire la définition du mot FELIBRE. Vous découvrirez qu'il y a en fait TROIS définitions, que je redonne ici dans l'ordre choisi par Mistral :

1 Poète provençal de la seconde moitié du 19e siècle.
2 Littérateur de la langue d'oc
3 Membre du Félibrige

A. Broc est-il félibre selon la définition 1 ? Certes non, pas plus que vous ou que moi !
Est-il félibre selon la définition 2 ? OUI, sans contestation : il a écrit et traduit beaucoup, dans sa langue auvergnate authentique, ainsi qu'on peut le constater dans le blog qui vous met en fureur. Etes-vous vous-même félibre selon cette définition ? Je n'en sais rien, il y a maintenant tellement d'encigalés qui n'ont rien publié de personnel en langue d'oc, à commencer par l'avant-dernier capoulier et l'actuel, votre maître à penser ! Mais votre petite personne n'a aucune importance ici, et nous n'allons pas, selon votre détestable exemple, vous faire un mauvais procès sur ce point. Ce qui reste certain, c'est qu'A. Broc, ou moi-même, tout mistralien ayant écrit en langue d'oc peut, selon Mistral, se réclamer du titre de FELIBRE. Et si cela vous déplaît, c'est encore une fois que vous n'êtes pas mistralien.
A. Broc est-il félibre selon la définition 3 ? Oui, que je sache, et il vous fait savoir qu'il est prêt à défendre son honneur (qui est aussi celui du Félibrige, selon moi) contre ceux qui veulent, comme vous, excommunier à tour de bras. Je vous signale qu'un autre encigalé (majoral dont j'ai oublié le nom) a naguère demandé la tête d'un autre mal-pensant, le Majoral R. Venture, avec le franc succès que l'on sait. Monsieur le syndic, ce n'est pas le tout de monter sur ses ergots et de jouer les procureurs, encore faut-il avoir les moyens de sa politique.
Soyez assuré que si votre demande d'exclusion du Félibre d'Auvergne devait être envisagée par la direction du Félibrige, les réactions ne manqueraient pas de la part de ceux qui, fidèles à la pensée et l'½uvre majeure de Mistral, vous considèrent avec le plus légitime des mépris, vous les destructeurs de la Loi.

Yves Gourgaud, en Cévennes ce 19 septembre 2009

N.B. Il vous apparaîtra que si je vous écris en français, c'est pour ne point blesser vos yeux à la vue d'un texte écrit en graphie mistralienne.
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# Posté le samedi 19 septembre 2009 12:50

Modifié le samedi 19 septembre 2009 15:42

L'INNOCENCE PERDUE DE L'OCCITANISME

Suite à un Article sur le blog de l'oustau du pais marsihès :

http://www.engambi.com/2009/09/linnocence-perdue-de-loccitanisme.html

Voilà la réaction que j'eus, hier soir & qui fut publié sur ce blog :

Je ne peux que soutenir votre discours...
Lorsque mon arrière grand-père est arrivé d'Espagne, il y a 100 ans, il ne parlait pas castillan... Il se fit comprendre & appris le parlé de Bouzigues...
Lorsqu'il mourut en 1967, il parlait un "mixt" qui dans son périmètre lui permettait de communiquer, de vivre... d'être dans sa petitesse. Sa fille, ma grand-mère fut instruite au français par un grand humainste qui la traitait "d'espagnole de M...." & la faisait mettre au pilori de ceux qui ne parlait pas la langue du "maître" !!! Tout un programme.

L'histoire de la langue c'est cela, une aventure naturelle et consensuelle qui permet à l'espèce humaine d'être, au delà de la bestialité, d'être une espèce consciente & raisonnante sur la terre qui nous supporte...
Que certaines couches, voire sous couches, végètent dans des instincts bestiaux, c'est ce que d'aucun appellent un reliquat, les basses fosses de la mémoire, ou simple une "évolution" de type Darwinien en partie accomplie.
Tout comme Darwin ,je crois au règles de la nature, y compris & surtout pour les langues. La tour de Babel est une des mythe fondateurs de l'humain dans a complexité & dans sa différence... Donc pourquoi vouloir faire une langue ? Pour être le maître ? Pourquoi vouloir donner un centre au monde des idées, alors que déjà la mécanique céleste et la gravité nous l'impose. Newton & la "Royal Society" se voulaient anachroniques, libres des lieux communs, mais créèrent une manière de pensée qui fut une "école" jusqu'à Enstein!!!

Que de maîtres, que d'école dans ce bas monde, alors que l'homme ce n'est pas cela, je ne vais pas tomber dans les raccourcis Marxistes voire Bordighistes sur l'espèce humaine & ses rapports à la Terre, mais au bout d'un moment j'y suis presque contraint.
Voilà pourquoi, je ne suis plus occitaniste, à peine félibre, mais simplement pour la transmission à travers d'une langue d'un état d'esprit, d'une Connaissance, qui est le contraire d'une vision formelle & standard des choses.

Pour ce qui concerne les nazillons, des écoles s'offrent à nous, le "talion" ou offrir l'autre joue voire la connivence génétique, pour ma part j'ai choisi la mouvance du "25 avril", les spécialistes en histoires comprendront... Tout cela nous renvoie à la bête qui est en nous & dont l'on veut se libérer, la langue, les langues peuvent nous y aider, rarement les écoles qui font des valets

Pour conclure, je vous laisse méditer sur ( désolé pour la graphie, mais à chacun son biais) :

Règles Félibre de 1862 :
...
Art. 2. -Lou félibrige es gai, amistous frairenau plen de simplesso et de franquesso. Soun vin es la bèuta, soun pan es la bounta, soun camin la verita. A soun soulèu pèr regalido, tiro sa sciènci de l'amour, e bouto en Diéu soun esperanço.

Sian ben defora de tout aco , à l'oura d'ara
Sèrgi Goudard de Bouzigas
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# Posté le vendredi 18 septembre 2009 15:23

Modifié le lundi 05 octobre 2009 16:58

Ive Gourgaud : LE FELIBRIGE ET NOUS

LE FELIBRIGE ET NOUS

Ce « nous » du titre pourra être pris soit comme un « nous de majesté » soit comme un collectif regroupant tous ceux qui partagent les opinions exposées ci-dessous. Pour le reste, j'emploierai ici sans complexe le « je » pour signifier que ce qui est dit l'est par moi, et n'implique ou n'engage que moi au moment où j'écris ces lignes.
Je parlerai du Félibrige tel qu'il m'apparaît après lecture de la lettre adressée aux félibres par sa direction, à savoir : le Capoulié, le Baile et le Clavaire. Il est inutile de donner ici leur nom, parce que leur propre personnalité n'a aucune importance, et ne sera jamais visée. Ce sont des idées et des postures que j'entends discuter et combattre, non la personnalité de trois hommes que pour ma part je trouve bien éduqués et sympathiques.
Les critiques ici contenues ne s'adressent pas au Félibrige en tant que tel : je n'ai rien contre cette vieille institution qui fut longtemps l'unique bastion du mistralisme. Ce que je critique, c'est la politique actuelle de la direction du Félibrige, de ceux que j'ai appelés « li catau », que je nomme ici, plus précisément, « CBC » (pour « le Capoulié, le Baile et le Clavaire »), et que je remercie au passage de nous fournir un document aussi clair et aussi précis sur leurs ambitions et leur politique félibréenne .
La lettre dont je parle est datée d'Aix, le 17 août 2009, et surtout signée des trois noms des CBC ; elle donne aussi d'utiles renseignements d'ordre historique ou idéologique. Je citerai ce document pour tout ce qui concerne le débat qui m'occupe ici, car il constitue à mes yeux une véritable déclaration de principes, et en conséquence une véritable déclaration de guerre au mistralisme que je défends et dans lequel je me reconnais.
Car le débat va porter, pour l'essentiel, sur ce que signifie « être mistralien » aujourd'hui, non par ma propre volonté mais par celle, expresse, des CBC qui font précéder leur lettre par l'article 1 des Statuts du Félibrige, lequel affirme :
Lou Felibrige es establi pèr apara e enaura la lengo, la culturo, la civilisacioun e l'identita di païs d'O ; pèr afreira e empura tóuti aquéli que se recounèisson dins la Pensado e l'Obro de Frederi Mistral.
Et la lettre commence ainsi :
Car felibre, dins la rego e l'esperit de nòstis estatut, desempièi la Santo-Estello dóu Martegue en 2006, se sian engaja, au coustat d'àutris assouciacioun d'aparamen de la lengo d'O, pèr revendica ativamen de dre fin d'apara coume se dèu nosto lengo e de ié baia un aveni bèn assegura.
Je commence par une remarque de base : l'article fondateur propose au Félibrige deux objectifs bien différents, même s'ils sont complémentaires :
1/ la défense de la langue... et de l'identité des pays d'oc
2/ l'union de tous les « mistraliens » si l'on veut bien admettre avec moi qu'est « mistralien » celui qui se reconnaît « dans la Pensée et l'¼uvre de Mistral » (les majuscules, qui signifient bien quelque chose, sont dans l'article)
CBC prétendent agir en suivant et la lettre et l'esprit des statuts : je conteste radicalement cette affirmation.
La lettre des statuts ?
On a l'impression que CBC ont oublié de relire la fin de l'article, qui exige d'eux qu'ils rassemblent « fraternellement » TOUS les mistraliens. Or ce n'est un secret pour personne que dans le collectif « Anem òc ! », nom officiellement écrit dans une graphie non mistralienne, il n'y a de mistralien que le Félibrige. Où sont donc les autres associations mistraliennes ? Où est l' Unioun Prouvençalo ? Où est le Collectif Prouvènço ? Où est Lou Prouvençau à l'Escolo ? Où est l'Astrado Prouvençalo ? Où est le mouvement emmené par Li Nouvello de Prouvènço ? Où est Lou Clu en Ceveno... toutes associations ou groupes d'associations (et j'en oublie) qui, sauf erreur de ma part, se réclament du mistralisme. La vérité est cruelle : le Félibrige est la seule et unique organisation mistralienne dans le collectif occitaniste « Anem òc ! ». Je sais bien qu'on peut avoir raison seul contre tous, mais l'unité des mistraliens, qui est la lettre de l'article, ne me semble pas avoir été le souci premier des CBC.


L'esprit des statuts ?
Ce qui m'oppose le plus radicalement aux CBC, c'est l'affirmation d'une unicité de « la langue d'oc » ; la question qui se pose est en effet la suivante : l'article défini singulier LA constitue-t-il à lui seul, pour les CBC, l'esprit de la pensée mistralienne, est-ce l'alfa et l'oméga du mistralisme ? Et si c'est le cas, pourquoi est-il fait allusion, dans la même phrase, à la pluralité DES Pays d'Oc ? Si CBC croient, comme ils l'affirment avec insistance (pour ne pas dire : lourdeur) tout au long de leur lettre, à LA langue d'oc une et indivisible, pourquoi ne modifient-ils pas cet article pour y inscrire le singulier partout : ... « e l'identita DÓU païs d'O » ? Et s'ils répondent que pour eux, LOU ou LI Païs d'O c'est équivalent, on leur demandera pourquoi, dans ces conditions, LA ou LI lengo d'O ce ne serait pas tout aussi équivalent ?
La pensée de Mistral ?
Qui veut un point de vue historique, sérieux et très documenté sur la position de Mistral vis-à-vis de « la langue d'oc » doit absolument lire l'ouvrage de Jean Lafitte et Guilhem Pépin : La « Langue d'oc » ou leS langueS d'oc ? 1 : le chapitre II, central (pages 113-140), est précisément intitulé « Langue d'oc » chez Mistral. Certes, il est peu probable que les CBC le lisent, mais des félibres de bonne volonté y trouveront matière à réflexion : il y a là « li fa vivènt » qui font le mistralisme d'aujourd'hui, un mistralisme intelligent et ouvert qui laisse à penser que Mistral n'a pas été entièrement dévoré par les cigales.
Étudiant un impressionnant corpus d'écrits de Mistral, les auteurs ont de fait constaté qu'il a surtout nommé lou prouvençau ou la lengo prouvençalo (quelque 130 fois), tantôt le seul idiome de la Provence, tantôt l'ensemble des parlers d'oc, et neuf fois « LA lengo d'o ». Mais il a varié dans sa vision de cette « langue » : dans un article LA LENGO PROUVENÇALO de l'Armana Prouvençau de 1856, il la définit comme l'addition de quatre parla : le gascon, le languedocien, le rhodanien (lou plus dous e lou plus pur de touti, page 27) et... le marseillais ! Quelques années plus tard, LA langue s'est agrandie puisqu'elle inclut le catalan... puis elle s'agrandit encore dans le Tresor dóu Felibrige qui donne des noms d'auteurs francoprovençaux... puis elle se rétrécit puisque les Catalans, ces « gousto-soulet » (dixit Mistral) sont éjectés du circuit... du moins les Espagnols, puisque les Roussillonnais restent « de LA langue d'oc » jusqu'à nos jours. Et en 1894, Mistral met sur le même plan le breton, le gascon et provençal.
On voit là que s'il y a un point sur lequel Mistral n'est absolument pas fiable, c'est bien sur la définition claire d'UNE langue d'oc.
Mistral interprété...
J'ai déjà eu l'occasion de demander publiquement ce qui permettait aux CBC de faire parler Mistral dans le sens de leurs intérêts. J'ai parlé de « prétention », je réitère l'accusation : un titre, fût-il de « capoulié », ne donne que du grade, pas du génie. Mistral fut génial avant d'être Capoulié, et Capoulié parce que génial. Les CBC ne sont que des mistraliens parmi d'autres, et vouloir faire parler Mistral en leur lieu et place est tout simplement indécent, et moralement inacceptable. Quand le « droit de chef-d'½uvre » (déjà contestable) laisse la place au « droit de cigale », et que lesdites cigales s'étourdissent de l'écho de leurs propres paroles sans vouloir en discuter le bien-fondé, il y a lieu de s'interroger sur le sens du mot « mistralisme » chez les CBC.
En fait, la totalité de leur « pensée mistralienne » semble se résumer dans les prétendues égalités suivantes :
Félibrige = Mistralisme
Mistralisme = LA langue d'Oc
Leur lettre ne dit rien d'autre, et elle le répète jusqu'à l'éc½urement. Ecoutez cette prose, que je reproduis dans sa mise en page d'origine :
Ramentan que : Lou Felibrige [acte 1 : le Félibrige] fidèu à la pensado e is idèio espremido pèr Frederi Mistral [acte 2 : Félibrige = Mistralisme] agis pèr l'aparamen e la proumoucioun de LA lengo d'O [acte 3 : Félibrige = Mistralisme = LA langue d'oc] dins tóuti si varieta, que chascuno n'es l'espressioun pleno e entiero.
Ces derniers mots en gras nous amènent à parler de l'acte 4: bien conscients que « LA langue d'oc » une et indivisible représente un concept un peu dur à faire avaler, les CBC tentent de jouer la carte de la diversité, et ce serait un assez joli coup, si les termes mêmes de la phrase ne faisaient exploser le projet en plein vol.
Reprenons calmement, avec la traduction française : les CBC affirment que « chaque /variété/ de LA langue d'oc en est l'expression pleine et entière ». Donc, si je comprends bien, une « variété de langue » serait « pleinement » et « ENTIEREMENT » la langue ? Une partie du tout serait entièrement le tout ??? Ma main droite, qui est une partie de mon corps, je conçois qu'elle soit « pleinement » mon corps, mais je n'arrive pas à croire qu'elle soit « entièrement » mon corps... Je ne suis qu'un médiocre philosophe, et si un catau du Félibrige veut bien m'expliquer cela, je lui en serai infiniment reconnaissant. Et le catalan de la Maintenance de Catalogne-Roussillon : n'est-ce pas une langue (reconnue internationalement) dans la langue (d'oc) ?
Du reste, en 1988, Pierre Fabre, alors majoral et bientôt capoulié, oppose clairement le provençal aux autres langues d'oc dans une notice sur le Dictionnaire provençal-français du docteur Simon-Jude Honnorat.
Même incohérence pour l'expression « fidèu à la pensado e is idèio... de Mistral » : la « pensée » et « les idées » seraient-elles, au Félibrige, deux réalités séparées ? Qui peut m'expliquer la différence entre « la pensée de Mistral » et « les idées de Mistral » ? J'aurais tendance à croire que les CBC, eux, arrivent à avoir des idées sans penser, mais Mistral ?
Mistral trahi
Mais terminons avec l'acte 5 de la Commedia des CBC :
Adounc lou Felibrige rampelo tóuti aquéli que se recounèisson dins la pensado e lis idèio de F.M. pèr ana à Carcassouno lou 24 d'0utobre que vèn pèr manifesta en favour de la lengo d'O...
J'adore le « adounc » qui clôt imparablement le Grand Syllogisme Félibréen : nous sommes LE Félibrige, donc nous sommes LES mistraliens, donc LA langue d'oc est une et indivisible, DONC il faut manifester avec les anti-mistraliens historiques que sont les occitanistes !
Si l'on en doutait encore, voici la « dernière » des taupes que l'occitanisme a introduites au ministère de la Culture pour être les experts en langues de France : comme « points d'appui institutionnels » pour l'occitan — « langue d'oc » est omis —, la plaquette officielle publiée par ce ministère en Juillet dernier, Références 2009 - Langues de France, nomme l'I.E.O. et deux autres organismes occitanistes mais oublie complètement le Félibrige. Celui-ci n'aurait-il pas vendu son droit d'aînesse pour quelque plat de lentilles ?
Pendant ces trois années dernières que le Félibrige consacrait à bâtir sa Nouvelle Alliance avec l'occitanisme, j'ai cru (bêtement, très bêtement !) qu'on pourrait discuter au sein du Félibrige de cette césure de fait entre « mistraliens tendance CBC » et autres mistraliens : j'ai écrit deux ou trois livrets où je posais des questions... restées sans réponse, bien sûr. Car la faiblesse (je suis gentil) du « raisonnement » CBC ne vient pas d'une certaine innocence ni d'une certaine ignorance : il vient de cette « pensée médiévale » (c'est le terme que j'ai publiquement employé, je le maintiens avec force) que le Capoulier a résumée dans sa lettre du 5 février 2007 par une formule lapidaire :
LOU FELIBRIGE ES LOU SOULET CAMIN DE VERITA.
J'ai beau me dire démocrate, je n'arrive pas à discuter avec un esprit totalitaire, et quoi qu'il en soit, si les CBC ont la Vérité avec eux, à quoi pourrait servir la discussion ? Qu'on ne vienne pas ici prétendre qu'il s'agit d'une parole malheureuse, non réfléchie, etc. D'abord, c'est une parole écrite, publiée dans un bulletin du Félibrige. Ensuite, cette formule qui a fait et fera encore tant de mal à l'image du Félibrige, le Capoulié a refusé de la rétracter (c'était chez le Baile). Lorsque je lui ai fait part de ma consternation devant une telle « pensée » et lui ai demandé de la renier, le Capoulier s'est contenté de sourire. Et ce n'était pas un sourire de gêne, mais de satisfaction. Si j'évoque ici cette rencontre informelle, c'est qu'elle m'a laissé un souvenir très amer : j'ai acquis, avec le recul, la certitude que le Baile et le Capoulier ont essayé de m' « enfumer » en m'assurant par exemple que c'est tout-à-fait par hasard qu'en 2007 ils se sont retrouvés derrière une banderole écrite en occitan, à Béziers. Je suis maintenant persuadé du contraire, puisque les CBC affirment dans leur dernière lettre : « à Beziés avèn bellamen tengu nosto plaço ».
Puisqu'ils sont si fiers de leur participation, ils me seront reconnaissants de diffuser une photo de Béziers où on les voit porter cette banderole, et je demande d'ailleurs à tous leurs supporters de diffuser ce document le plus largement possible, comme je m'engage à le faire de mon côté.


« à Beziés avèn bellamen tengu nosto plaço »

ANEM ÒC ! per la lenga occitana : quand on dirige le Félibrige et qu'on accepte de porter une banderole qui affiche à droite et à gauche un tel message, on accepte évidemment de soutenir ce qui est écrit sur ladite banderole, tant sur le fond (promotion d'une « langue occitane ») que sur la forme (promotion de la graphie occitane).
Sans compter que le dessinateur Ben est un nationaliste occitan bien connu : c'est son honneur à lui que de s'affirmer séparatiste, je ne suis pas sûr que ce soit l'honneur des CBC que de défiler pour le populariser. On va me dire que c'est le dessin qui compte, pas l'auteur ; moi je prétends le contraire : Ben, le nationalisme, l'écriture occitane et la « lenga occitana » forment un tout que les CBC ont accepté et que moi je n'accepte pas. Quand un artiste est à ce point militant et qu'il fait un dessin militant, je me demande qui on veut enfumer avec de telles « excuses » ? Bientôt les CBC assisteront-ils à un grand vernissage des peintures d'Adolf Hitler en nous jurant, la main sur le c½ur, qu'ils ne veulent honorer que l'artiste ?
C'est bien quelque chose de ce genre qui s'est passé il y a peu, à Manduel, où le félibre Michel Fournier (au demeurant le meilleur homme du monde) organisait deux manifestations félibréennes. Lors de la première, au printemps, il avait laissé un groupe musical placer un immense drapeau occitan derrière la scène, ce qui obligea tous les participants aux « rencontres des parlers du Gard » à venir s'exprimer devant ledit drapeau . Plus grave : les instruments de musique eux-mêmes, disséminés sur le devant de la scène, portaient des slogans outrancièrement politiques, du type « Farem tot petar » ou une croix occitane terminée par un poing serré (voir les photos dans la revue du Collectif Prouvènço).
Mais ce n'était qu'un hors-d'½uvre : cet été, une « exposition Mirèio » organisée par ses soins comportait en bonne place (juste à droite de la porte d'entrée) deux exemplaires du journal l' Action Française, où les articles (signés Maurras et L. Daudet) à la gloire de Mireille côtoyaient la prose habituelle de cet organe maladivement antisémite. Et le bon félibre Fournier, tout heureux et très fier de cette trouvaille, d'attirer l'attention du Capoulier et des autres huiles majorales sur l'intérêt de ces deux articles, et donc de ladite Action Française, journal qui fut l'école théorique du nazisme conçu comme l'élimination des corps étrangers à la vraie nation : ceux qui connaissent un peu les idées de Maurras auront reconnu sans peine sa théorie politique des quatre corps étrangers à la Nation Française : les métèques, les Juifs, les Francs-Maçons et les Protestants.
Je ne dis pas que les CBC sont maurrassiens, ni le félibre Fournier, mais je constate avec effroi et un peu de colère tout de même (on m'excusera d'être fils de résistants maquisards) que dans le Félibrigedes CBC, Maurras suscite à l'évidence un regain d'intérêt : articles élogieux de sa pensée par le majoral Fourié (qui lui consacre par ailleurs une pleine page de son Dictionnaire des Auteurs de Langue d'Oc) ; tentative de défense du « bon provençal » Maurras par le Baile (dans une lettre privée); et dernièrement, donc, Mistral, Maurras et l'Action Française mis à l'honneur côte à côte par le félibre Fournier, avec bien sûr un Capoulié qui n'a rien à redire là-dessus, pas plus que tous les Majoraux présents à Manduel lors de la présentation de cette scandaleuse exposition. J'avais écrit en 2007 : « Je juge tout cela extrêmement malsain en ces périodes de retour en force de l'antisémitisme » : aujourd'hui je trouve que les bornes ont été largement dépassées, celles de la pudeur comme celles de l'intérêt même du Félibrige, que dorénavant je m'abstiendrai de défendre lorsqu'il sera traité d'extrémisme de droite par ses nouveaux amis occitanistes, comme ce fut le cas récemment.
L'Histoire d'ailleurs est cruelle, à moins qu'elle n'ait le sens de l'humour (noir) : ce sont les CBC qui nous affirment qu'au nom de leur mistralisme ils se sont engagés dans la collaboration occitane « depuis la Ste Estelle de Martigues » en 2006 pour aller manifester à Carcassonne en 2009 : Martigues est la patrie du traître Maurras, et Carcassonne celle du traître Alibert. On a les bornes symboliques qu'on peut.
Nous n'avons décidément pas les mêmes valeurs, ni la même morale, ni la même conception du mistralisme : plus rien ne me relie au Félibrige comme organisation de défense et de promotion de la pensée mistralienne, qui pour moi est une pensée vivante et anti-totalitaire, Mistral étant un homme par ailleurs capable de doutes et d'erreurs, comme on a pu le voir plus haut dans sa variation sur les limites de LA langue d'oc. Que les CBC aient précisément choisi ce point comme l'alfa et l'oméga de leur « doctrine mistralienne » en dit long sur l'intelligence collective qui accompagne leur soulet camin de verita.
En réalité, les CBC ne sont préoccupés que par le triomphe de leur absence d'idées et de réflexion sur le mistralisme. Leur refus de toute discussion sur le fond, leur mépris cynique des leçons d'une Histoire pourtant récente et douloureuse m'ont convaincu de l'inutilité de poursuivre toute tentative de dialogue : pour dialoguer il faut au minimum aimer les idées et les échanges.
Je laisserai donc le Capoulier et sa cour sur l'autoroute de leur pensée unique et de leur langue unique, préférant pour ma part les sentiers cévenols où il fait bon s'égarer, au risque (accepté) d'y perdre de vue la sainte Etoile.

N.B. Ce texte, qui est de rupture, contient à l'évidence une part de polémique et des formules qui pourront paraître injustes ou cruelles : je revendique cette tonalité, n'ayant (je me répète) plus aucune intention d'engager un quelconque « dialogue » avec les compagnons de route de l'occitanisme. Position extrémiste ? Sans doute. Je relisais un ouvrage polonais sur « le communisme et la religion » datant de 1945, dans lequel il est rappelé que l'Eglise avait déclaré que le communisme soviétique était « une idéologie fondamentalement perverse ». C'est très exactement ce que je pense de l'occitanisme, ne faisant que suivre la pensée de mistraliens comme Sully-André Peyre qui déclarait avec son humour acide que « la langue mistralienne est un ch½ur de cathédrale ; les dialectes sont des chapelles annexes ; quant à l'occitan, c'est une hérésie ». D'où la joyeuse excommunication que je lance contre les CBC !

Fait à Saint-Martin-de-Valgalgues ce 11 septembre 2009

Yves Gourgaud
Fait à Saint-Martin-de-Valgalgues ce 11 septembre 2009
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# Posté le vendredi 11 septembre 2009 16:59

Modifié le samedi 12 septembre 2009 17:17

Grippe porcine

Un autre moyen de ce prémunir.... sans commentaire ???

Grippe porcine
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# Posté le mardi 08 septembre 2009 15:42

Grippe A/h1-n1

En cas d'épidémie de grippe A (virus H1N1), tu peux t'équiper de ce masque pour t'en prémunir.

Il est compatible avec le port de lunettes à verres correcteurs.

A noter toutefois une recommandation importante : Toujours préférer un masque neuf n'ayant jamais servi à soi-même et encore moins aux autres, son port n'en sera que facilité et n'entraînera aucune gêne.

C'étaient les conseils du jour de l'équipe EPI (Equipement de Protection Individuelle).

Travailler en sécurité, c'est préserver sa santé.










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Grippe A/h1-n1
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# Posté le lundi 31 août 2009 18:35

Grippe A ou porcine - UNE PANDEMIE DE PROFIT : certains ne perdent pas le nord...



Quels sont les intérêts économiques derrière cette grippe porcine dont on nous rebat les oreilles ?

1 million de personnes par an meurent dans le monde de la MALARIA, qui pourrait être prévenue avec un simple moustiquaire.
Les journaux n'en parlent pas!


2 millions d'enfants par an meurent dans le monde de la DIARRHÉE, alors que l'on pourrait l'éviter avec un banal sérum pour 0¤25 la dose.
Les journaux n'en parlent pas!

10 millions de personnes par an meurent de la ROUGEOLE, PNEUMONIES et INFIRMITÉS, que l'on pourrait guérir avec de simples vaccins.
Les journaux n'en parlent pas!

Mais il y a de cela 10 ans, quand la fameuse grippe aviaire est apparue...
Les journaux mondiaux nous on inondés d'informations à ce sujet... :

Une épidémie, la plus dangereuse de toutes... Une PANDEMIE !
On ne nous parlait que de la terrifiante maladie des volatiles.
Et pourtant, la grippe aviaire a causé la mort de quelques 250 personnes en 10 ans... 25 morts par an.
La grippe commune, tue un demi-million de personnes par an, dans le monde. Un demi-million contre 25 !

Un moment... Un moment s'il vous plaît !

Alors, pourquoi un tel remue-ménage - un scandale- autour de la grippe Aviaire?
Parce que derrière les poulets il y avait un "Coq", un coq à grande crête.
L'entreprise pharmaceutique internationale ROCHE avec son fameux TAMIFLU vendu à des millions de doses aux pays asiatiques.
Bien que l'efficacité du Tamiflu soit douteuse, le gouvernement britannique en a acheté pour 14 millions de doses pour protéger sa population.
Grâce à la grippe aviaire,ROCHE et RELENZA, les deux des plus grosses entreprises pharmaceutiques qui vendent les antiviraux, ont obtenu des millions de dollars de bénéfices.

Alors, en avant avec les oiseaux et maintenant avec les porcs.
Eh oui! Maintenant commence la psychose avec la grippe porcine. Et tous les médias du monde ne parlent que de çà.
Et je me demande: Si derrière les poulets il y avait un "Coq"... N'y aurait t'il pas derrières les cochons un "Gros Porc"?

L'entreprise nord-américaine Gilead Sciences détient le brevet du Tamiflu. Le principal actionnaire de cette entreprise n'est autre que le sinistre, Donald Rumsfeld, secrétaire d'état à la défense de Georges Bush, l'artisan de la guerre contre l'Iraq...

Les actionnaires des entreprises pharmaceutiques ROCHE et RELENZA doivent se frotter les mains, ils doivent être heureux avec les millions de nouvelles ventes du Tamiflu.
La véritable pandémie est celle de l'argent, les énormes bénéfices de ces mercenaires de la santé.

Je ne nie pas les précautions nécessaires qui sont en train d'être prises par tous les Pays du globe..
> > Mais si la grippe porcine est une pandémie aussi terrible que l'annoncent les médias. Si l'OMS se préoccupe tant de cette maladie, pourquoi ne déclare-t-on pas cette pandémie comme un problème mondial de santé publique.

Pourquoi ne pas autoriser la fabrication de médicaments génériques pour la combattre ?

Se passer momentanément des brevets des entreprises ROCHE et RELENZA et distribuer les médicaments génériques gratuitement à tout les pays, et plus particulièrement aux pays les plus pauvres.

Ne serait-ce pas la meilleure solution ? Ou alors c'est une farce et aucune menace réelle ne pèse sur le genre humain !!!

Avez vous remarqué que malgré le très grand risque lié à la prolifération de cette maladie, aucune précaution n'est prise à l'égard des destinations à risques?
Aucun média ne se fait le relais de la prévention ni ne met sérieusement les gens en garde comme le voudrait le bon sens.
Demande-t-on aux gens d'éviter de se rendre aux états-unis? Non!
Que fait-on concrètement pour enrayer le risque de s'engager dans une pandémie?
Rien!
Pourquoi?
On est inscrits dans un contexte de crise financière ayant entraîné une crise économique. Une des plus graves que l'on ait connu.

Pour détourner l'attention du peuple et sa méfiance, relancer l'économie "florissante" et ultralibérale avec les mêmes personnes qu'avant, il faut une situation de crise visant les personnes dans leur intégrité physique.
On sait tous qu'en temps de crise, les gens se jettent sur les magasins pour faire des stocks de tout et de rien.
La preuve, certains font déjà des listes de survie pour pandémie.
On a vu ça avec les différentes guerres au 20ème siècle, les gens vont naturellement acheter plus et font des réserves.
Une guerre mondiale ne pouvant être déclarée (logique) rien de tel qu'une bonne pandémie!


N.B: Faites passer se message afin que cette réalité sur cette pandémie soit dévoilée au plus grand nombre..
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# Posté le lundi 31 août 2009 03:57