FELIBRIGE ADIEU par Ive Gourgaud

FELIBRIGE ADIEU

Rien de dramatique ! Juste un adieu internet à ceux qui, sur ma liste « félibrige », ont reçu depuis des mois plusieurs documents et analyses sans m'avoir jamais signalé, ne serait-ce que d'un mot, qu'ils avaient bien reçu mes envois. Concrètement : tous les responsables du Félibrige, à l'exception notable des trois Majoraux Peireto Berengier, Marie-Noelle Dupuis et Rémi Venture.
Je vais essayer d'être clair et de formuler ce que je ressens : une organisation mistralienne qui se refuse à discuter du mistralisme est pour moi totalement INUTILE. Je n'ai pas dit « nuisible », simplement : inutile. Je réclame à son égard ce qu'un Israélien réclamait pour son pays : « non pas le droit à la différence, mais le droit à l'indifférence ». Le sort du Félibrige ne fait plus à ce jour partie de mes préoccupations intellectuelles et morales.
Il me faut régler quelques affaires en cours :
1)Les éditions Aigo Vivo cessent leur parution, vu le peu d'intérêt qu'elles ont suscité (et je ne parle pas ici que du Félibrige). Je crois avoir, avec 60 parutions en 4 ans, assez donné à « la Cause », et de mon temps et de mon argent. J'estime en conséquence que le n° 6 de l'énorme travail de la félibresse B. Zunino (index de l'Armana Prouvençau sur 150 ans) devrait être pris en charge par le Félibrige (et j'estime aussi qu'une telle somme de travail mériterait, et largement, une Cigale, mais je ne rends pas forcément service à Bernadette en écrivant cela)
2)Je n'ai aucune envie d'écrire pour publication le texte de ma communication au Flourege sur Mirèio (ou Mirelha, version Félibrige parisien) : Peireto Berengier m'est témoin que c'est uniquement grâce à son insistance que je suis allé au Palais du Roure parler devant la fine fleur du Félibrige. Je suis content que, pour ma dernière apparition devant un public félibréen, les choses se soient déroulées correctement, mais je ne souhaite pas prolonger par une publication.
3)N'étant plus inscrit au Félibrige depuis deux ans je crois, je demande au responsable de la publication Lou Felibrige de ne plus m'envoyer cette revue. Souci de préserver les finances de l'organisation, car le dernier numéro m'a semblé de meilleure qualité. Mais ne payant pas, je n'ai pas droit au service. Merci.
4)Je souhaite me défaire d'une série de documents touchant à l'histoire du Félibrige en Velay, en particulier la correspondance avec Boudon de Mistral, Mistral neveu, M. Jouveau, V. Bernard et un certain nombre de Majoraux. Comme SA Peyre (qui en son temps, de crainte que le Félibrige ne passât aux mains des occitanistes, avait légué ses papiers à la Ville de Nîmes) je prendrai mes dispositions pour que ces documents ne risquent pas un jour de se retrouver dans des mains ennemies, je veux dire félibro-occitanistes.

Adieu donc au Félibrige officiel, et au-revoir aux félibres non-alignés et aux non-félibres, à qui je continuerai d'envoyer mes trouvailles.

YG ce 4/II/ 2010

# Postato giovedì 04 febbraio 2010 16:10

VOYAGES EN OCCITANIA par Ive Gourgaud

VOYAGES EN OCCITANIA

2. Voyages dans le temps

Nous avons commencé notre fabuleux voyage en 1886, avec les félibres qui autour de Mistral, Aubanel et Roumanille, se sont confrontés à une réalité (Occitanie et Languedoc ne font qu'un) doublée d'une irréalité : le mot latin OCCITANIA ou son équivalent français OCCITANIE n'ont jamais eu d'emploi dans notre langue, d'où le très grand cafouillage que nous avons abservé dans leur traduction (14 graphies différentes !!). Le Majoral Berluc-Pérussis et le Primadié Roumanille livraient à cette occasion « lou mot de Santo Claro », en traduisant « Occitania » par « Lengadò » ou des équivalents, et le grand Rouma expliquait à ce propos qu'il ne voulait pas écrire un seul mot qui n'eût pas été compréhensible pour sa mère : excellente illustration de la notion de « langue maternelle », et mise en pratique immédiate par l'exclusion du mot « Occitanie » de son vocabulaire.

Notre deuxième voyage sera une remontée dans les siècles : à travers quelques exemples datés, nous verrons pourquoi les félibres de 1886 étaient bien persuadés que cette OCCITANIA de littérature n'était rien d'autre que la province de Languedoc.

En 1625, nous dit La France franciscaine (Université Catholique de Lille, 1913, page 132), « lors de la division de la province / Province des Conventuels, selon le titre du paragraphe/ de Saint Louis, la première garda l'ancien titre de Saint Louis, la deuxième s'appela province de Languedoc, Occitania. »

En 1649 paraît à Castres Les antiqvitez, raretez, plantes, mineravx... de Pierre Borel, Docteur en Médecine ; on y lit page 2 :
Il est necessaire de sçauoir que le Languedoc a eu diuers noms, selon qu'il a changé de Seigneurs. Car il a esté nommé premierement, Gaule Narbonoise (ou) pays des Volsques (ou) Tectosages, puis les Romains l'appelerent Gallia braccata (ou) Septimanie /.../ (et) apres ayant esté tenu par les Goths, il a esté appellé, Occitania, patria lingua Occitana, Provincia Sancti Aegidii (par ce que le siege de leur premier Roy fut à S. Giles)
Retenons, à titre pédagogique, le Il est nécessaire de savoir qui commence la phrase.

En 1756, dans les très officiels et volumineux Mémoires de littérature, tirés des registres de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres (tome 24), on peut lire page 683 :
Il semble que ces dénominations /oc et oil/ n'ont pas toujours été attribuées à chacune des provinces comprises cependant sous le nom générique ; celle qu'on appeloit d'abord langue goth, seule a conservé le nom de Languedoc, Occitania ; tania, pays d'oc : on disoit généralité de Languedoc, (et) de la partie la plus voisine, généralité de Guienne.
Il en est de même pour les provinces d'oil /.../ Toutes ces distinctions, générales (et) particulières, ont cessé dès François Ier ; il n'est plus parlé dans les recettes de langue d'oil, ni de langue d'oc.
On voit ici que le terme même de « langue d'oc », si chère au Félibrige, n'a guère eu d'emploi officiel (et encore moins populaire) depuis François Ier : c'est bien ce qu'a démontré abondamment le félibre Jean Lafitte dans son ouvrage récent La « Langue d'oc » ou leS langueS d'oc ? (PyréMonde, Monein 2009, 212 pages)

En 1787, à la veille même de la Révolution, paraît le tome 1 (et sans doute unique) d'un Journal de Languedoc qui commence par dresser un état des lieux : « Tableau du Languedoc », titre de la page 1. Ce « tableau » commence ainsi (page 2) :
Le LANGUEDOC, Occitania, qui a TOULOUSE, Tolosa, pour capitale, est une des plus vastes Provinces...
Petite parenthèse qui intéresse les Cévenols : dans cette description on apprend, page 25, que « la lieutenance générale des Cevènes est composée des Diocèses de Nismes, d'Alais, d'Uzés (et) des pays de Vivarais, de Gévaudan (et) de Vélai, où sont les Diocèses de Viviers, de Mende (et) du Puy »

En 1827, dans le Recueil de Mémoires /.../ de la Société Académique d'Aix (tome III, Aix), l'équivalence Occitanie – Languedoc est affirmée page 316 sur un ton quelque peu dédaigneux à l'égard de ceux qui ignoreraient le fait :
Car, quel homme tant soit peu instruit, ignore que, quoique le Languedoc fît jadis partie de la Province romaine, on ne l'appelait plus, depuis bien des siècles, que septimania, gothia ou occitania ; le nom propre de provincia étant resté spécialement à la Provence.
Notez bien que l'absence de majuscules pour les trois noms anciens du Languedoc n'est pas de mon fait...

En 1870, le très imposant Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du libraire et de l'amateur de livres (Firmin Didot, Paris), qui se propose de donner « les noms anciens... avec leur signification actuelle en langues vulgaires », va expédier le problème occitan en moins de deux lignes (colonne 955) :
OCCITANIA, l'Occitanie, depuis le Languedoc, anc. prov. de France.

C'est bien sûr cette vérité, établie on le voit depuis des siècles, que les félibres de 1886 avaient continuée, même si l'exercice littéraire de traduction avait pu masquer la réalité (sauf, rappelons-le encore et toujours, chez Berluc et surtout Roumanille)
C'est cette vérité historique, cette évidence que certains félibres d'aujourd'hui, et non des moindres, voudraient voir remplacée par la construction idéologique, impérialiste dans son essence, qui fut élaborée à la fin du XIXe siècle par les Dupont-Dupond de l'occitanisme, les Majoraux (hélas !) Estieu et Perbosc, tous deux languedociens pur sucre. Ils firent paraître à cet effet une revue au titre clair et révélateur : OCCITANIA.
Mais au fait, que pensait donc Mistral de cette publication, et des deux primadié occitanistes ? C'est ce que nous verrons dans un troisième voyage en Occitania, s'à Dieu plaît.

YG en Cévennes, février 2010
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# Postato lunedì 01 febbraio 2010 14:15

POUR EN FINIR AVEC MAURRAS

Mon ami Ive Gourgaud, nous donne sa vision de cet "auteur", vision que je partage complètement.

Ressortir les cadavres puants des armoires est, souvent, du ressort du devoir de mémoire. Donc je fais mon simple devoir de donner voix au châpitre à Ive.
Mauras Collabo, vermine, anti-sémite primaire fit le bon temps d'un demi-siècle d'une droite extrême, arrièrée, revancharde & populiste.
Né sur les cendres du Boulangisme, exacerbant certaines volontés de la III ème république, il fit pisser l'encre de sa haine dans l'Action Française, il but le calice jusqu'à la lie en collaborant...

Il fut exclu du Félibrige après la guerre, de la trempe du collabo Alibert sous d'autres aspects!

Alors, à ce jour certains qui le défendent encore du bout des lèvres, vous lancent & vous qu'auriez vous fait ? Souvent, j'hésite mais mon seul mépris leur sufit :
SOYEZ HONNI VOUS & MAURRAS COMME ALLIBERT DE L'HISTOIRE DE L'HUMANITE, VOUS N'ETES pas HUMAINS.


POUR EN FINIR AVEC MAURRAS :
Lecture de MAR E LONO


Ces dernières années, des personnalités du Félibrige se sont lancées dans ce qui peut apparaître comme une tentative de réhabilitation de Maurras-penseur. Cette tentative sera toujours fermement combattue par ceux qui, comme moi, affirment que la pensée politique de Maurras est une préfiguration de la pensée nazie : haine mortelle de la démocratie, construction de l' Etat basée sur l'exclusion de pans entiers de la population (pour Maurras, les quatre « anti-France » sont : les « métèques », les Juifs, les Francs-Maçons et les Protestants : il se montre pire que les nazis, qui eux n'excluaient pas les Protestants)
Maurras est politiquement un traître, condamné comme tel à la Libération avec son maître Pétain. Son antisémitisme est insoutenable, son anti-gaullisme méprisable. Bref, sa « pensée », en aucun cas, ne peut être défendue innocemment, puisque l'antisémitisme, rappelons-le, n'est pas une opinion : c'est un délit.
Le seul Maurras qui puisse intéresser le Félibrige serait l'auteur provençal. Or Maurras n'a publié qu'un seul ouvrage : Mar e lono (éditions du Cadran, Paris 1930) : lire cet ouvrage c'est donc connaître l'importance de l'écrivain d'oc que le Félibrige éleva au rang de Majoral.
Mais cet ouvrage ne se rencontre pas facilement, ou alors à des prix prohibitifs (entre 70 et 90 euro) : c'est qu'il s'agit d'une publication de luxe (le papier est tellement épais qu'on a l'impression de manier du carton) tirée à seulement 301 exemplaires.
Je me propose donc de faire le descriptif de cet ouvrage de 74 pages.
D'après son « ensignadou » (p. 74), l'ouvrage est divisé en trois parties aux titres très mistraliens :
I/ ES UN MARTEGAU QU'À LA VESPERADO... (5 textes)
II/ AMO DE LONGO RENADIVO... (7 textes)
III/ LOU MOT DE SANTO CLARO (4 textes)

Datation des 16 textes
La majorité sont datés : 1930 (p. 9), 1890 (p. 10), 1930 (p. 12), 1895 (p. 16), 1894 (p. 16), 1891 (p. 24 et 25), 1893 (p. 26), 1897 (p. 27), 1892 (p. 32), 1888 (p. 36), 1892 (p. 46, 50 et 60), 1893 (p. 64)
Le seul texte non daté (p. 43) est paru dans Lou cansounié de la Prouvènço en 1901.
Voici donc la chronologie des textes, avec entre parenthèses le nombre de textes à cette date :
1888 (1)
1890(1)
1891(2)
1892(4)
1893(2)
1894(1)
1895(1)
1897 (1)
1901(1)
1930 (2)

Maurras est né en 1868 : la très grande majorité de ces textes sont des oeuvres de jeunesse (de 20 à 33 ans), que Maurras reprend et réunit 40 ans plus tard en y ajoutant deux poèmes, l'un de 8 vers (p. 9) et l'autre de 28 vers (p. 12)

Description des textes
POEMES : on n'en trouve que 5, qui forment la partie I de l'ouvrage.
PROSES LITTERAIRES : on n'en trouve que 2 : « Li quatre amo de moun païs », pages 32-35, et « Li trento bèuta dóu Martegue », pages 36-42, texte publié par l'Armana Prouvençau de 1890. Je remarque qu'il s'agit de l'unique texte de Maurras que l'Armana ait jamais publié : même pendant la seconde guerre mondiale, le titre de Majoral n'aura pas ouvert à Maurras les portes de cette publication (alors que la revue occitane OC, elle, publiait deux inédits de Maurras : la honte ici n'est pas du côté du Félibrige)
ETUDE LITTERAIRE : une seule, pages 27-31 : « Sus Lou Pouèmo dóu Rose »
DISCOURS : 2, celui « de Santo Estello » page 24, qui fait 11 lignes, et celui « de Manosco », pages 60-63
TEXTES POLITIQUES : on en a trois, dans la partie III de l'ouvrage : « La Declaracioun di Felibre Federalisto », « Federalisme e Decentralisacioun » et « Lis Idèio d'un Prouvençau ». Le « discours de Manosco » s'insère entre deux textes politiques car il explique lui aussi les idées fédéralistes de Maurras.

On comprend maintenant la composition en trois volets : la partie I présente le poète (14 pages), la seconde le félibre (21 pages) et la dernière le politique (27 pages).

Le poète
« Riban de mar » : 8 vers octosyllabes, qui servent de préface poétique et justifient le titre. Poème de bonne tenue.
« À Mistral » : deux poèmes, le second réécrivant le premier à 40 ans de distance. Poèmes de circonstance (Maurras remercie Mistral pour son envoi de La Rèino Jano), avec tous les poncifs du genre : « O Mèstre », « ti felibre ama », « vers beluguejant », « pajo meravihouso » qui rime avec « Prouvènço blouso », « flame Cartabèu », etc.
« À moun bel ami Folcò de Barouncèlli », autre poème de circonstance à la tonalité un peu mystérieuse (« Demando-ié l'espelido / Folcò, dóu Fiéu, de l'eros / Que lèu fague, amo poulido, / Boumbi l'espaso dóu cros »)
« La cansoun de l'Escolo » : long poème de circonstance qui présente l'Escolo de Paris en 1894. 23 quatrains soit 92 vers qui donnent une liste de félibres parisiens. La chanson se veut « galoio », elle n'est que banale voire vulgaire : « Sian quauqui bèu jouvènt qu'au quiéu aven de pèu » (p. 16, avec 2 erreurs d'accentuation sur un seul vers)
Du « poète Maurras » on ne peut vraiment retenir que les 8 vers de « Riban de mar » : le reste n'est que poésie de circonstance, convenue et sans grand intérêt. Voici le seul poème digne de ce nom :

Riban de mar, de Fos à Berro,
A San Louvis, à Faraman,
Touto la frucho de ma terro,
Proso, grand art, tènes en man.

Mai, di sansouiro e dis engano,
Cansoun menudo, o pichoun art,
Pèr acampa lou pau que grano,
Luse ta lono emai toun clar !

(Juliet de 1930)

Le prosateur littéraire
C'est dans ce domaine que Maurras apparaît comme un bon écrivain provençal : qu'il parle de Martigues ou de l'olivier, la célébration ne manque ni d'ampleur ni de poésie :
Coume lis eiglantino soun lou sang vertadié que davalè de la tèsto dóu Crist, lis óulivié nervihous e pale soun lou sang meme d'Atenè. (page 32)

Le critique littéraire
« Sus lou Pouèmo dóu Rose » représente le degré zéro de la critique littéraire : à aucun moment on n'entre dans le poème, sa structure, sa thématique, ses intentions, etc. : on y rencontre l'idée absurde et démagogique qui voudrait que « l'ome de la terro e de la mar » soit « lou veritable dóutour » en matière de critique littéraire... D'ailleurs, devant le texte de Mistral, Maurras prétend être resté « net e quet, coume un ome qu'a regarda la grando lus ». Ce qui lui évite, bien sûr, de dire quoi que ce soit du poème qu'il prétend gloser.

L'orateur
Un seul « discours », celui de Manosque en 1892 : aucune idée neuve, puisque Maurras ne fait que rappeler qu'en février de la même année s'est lue la célèbre déclaration fédéraliste, qu'il présente comme un appel à l'action, mais sans préciser ce qu'il entend par « action » : « Mai, messiés li Felibre, es l'ouro de descendre dóu blanc reiaume di cansoun. Es l'ouro de l'acioun pèr la Prouvènço e pèr lou pople dóu Miejour » (page 62)

Le politique
Maurras a reproduit « La declaracioun di felibre federalisto », qui est assez connue pour qu'on s'épargne ici un commentaire explicatif. Le texte est évidemment intéressant du point de vue de l'histoire des idées politiques liées au Félibrige, même si, comme tant d'autres « manifestes » félibréens ou occitans, il ne fut suivi d'aucun effet concret.
Le texte qui suit la Déclaration, « Federalisme o descentralisacioun », est une tentative pédagogique d'expliquer les idées du manifeste. Il est intéressant de voir le futur royaliste de l'Action Française, l'ennemi radical de la « gueuse » républicaine, faire ici plusieurs fois l'éloge de certains républicains : « lou flame manifèste de l'Alliance fédéraliste républicaine » (page 52), « li camisard rouge de Garibaldi » , « Jourdanne es un di plus rougi /sic/ radicau » (page 58)
On pourra faire les mêmes remarques au sujet du dernier texte de l'ouvrage, « Lis idèio d'un Prouvençau », où il n'est jamais question d'abattre le système républicain, mais de l'améliorer par l'esprit fédéraliste et la décentralisation.
Ceci nous amène à penser que le futur Maurras (futur antisémite et futur traître à sa patrie) s'est construit en contradiction avec ce qu'il nous laissait voir dans ces textes provençaux. Autrement dit, si Maurras fût resté félibre et provençaliste, il n'eût pas chuté aussi bas et aussi honteusement. S'il existe une « pensée maurrassienne » honorable, c'est bien celle de Mar e lono, et les félibres seraient bien inspirés de s'en souvenir lorsqu'ils ont à parler de Maurras.

Le charlatan
On n'a envisagé jusqu'ici que les textes dignes d'attention : bons ou mauvais, ils sont le fruit d'un travail de provençaliste. Mais un certain nombre de textes de Mar e lono n'ont été réunis ici que dans le but d'augmenter le nombre de pages (déjà bien maigre : 74). Ce ne sont même pas des fonds de tiroirs : ce sont de misérables bribes que nul auteur conscient de la dignité de sa fonction n'aurait jamais accepté de republier (dans un ouvrage de luxe !) :
Le prétendu « Discours de Santo-Estello » de la page 24 compte au total 11 lignes d'une dizaine de mots chacune : c'est se moquer de son lecteur que d'appeler cela un discours.
Le texte suivant : « Au prudome pescadou » est encore plus court : 5 lignes. Pour juger de son intérêt, rien de mieux que de le lire en entier :
Proun de macarèu volon plus parla la lengo di paire e maire. Vous l'avès gardado ourgueiousamen. Tambèn, quouro avès di : « As tort » o bèn « As dre » i'a degun que rebèque, e, coume se dis, touto barbo d'ome calo quand lou Prudome a parla..... (sic, avec cinq points de suspension, ce qui n'est pas du bon français ni du bon provençal)
Le suivant est encore pire : « A la Mantenenço de Lengadò » ne compte plus que 3 lignes (sur une pleine page ). Voici l'intégralité de ce chef-d'oeuvre de la prose maurrassienne :
Lou noum de Lengado /sic, sans accent/ enclaus lou noum sacra, la silabo istourico qu'es lou simbèu toujour vivènt e toujour clantissènt de nosto lengo e de nosto nacioun... (page 26)
Et il y a encore pire : pages 43 et 44, le texte reproduit a pour titre « Pèr legi lou cansounié » : il s'agit du rappel des principales règles de l'écriture mistralienne ! Maurras est d'ailleurs si fier d'avoir produit ce texte qu'il fait suivre son texte de la note suivante :
« Aquéli quàuqui rego /.../ an mai fa pèr la coumprenesoun poupulàri de la lengo di felibre que d'ùni brèu de grammatico /sic/ coustiero »
Sans commentaire.

Jugement d'ensemble
Avant d'avoir le texte entre les mains, j'étais persuadé, au vu du titre, que Mar e lono était un recueil de poèmes : mais le faussaire Maurras s'est contenté de ramasser tous ses écrits provençaux, les meilleurs et surtout les pires, les plus insignifiants, les plus insipides. L'ensemble est du coup disparate et d'un rare niveau de médiocrité.
Il serait pourtant injuste de ne pas repêcher, dans tous ces écrits insipides (et d'une orthographe si défaillante) les quelques rares textes qui pourraient être sauvés de l'oubli :
Le poème de 8 vers reproduit ci-dessus
La belle évocation de l'olivier
Les 40 beautés de Martigues
et, comme texte historique, la Déclaration fédéraliste de 1892.

Si quelqu'un trouve quelque beauté ou quelque intérêt à d'autres textes de Mar e lono, je serai ravi de lire ses propositions ; en attendant, je pense que Maurras ne mérite en aucun cas d'être tiré de l'oubli et que le silence est ce qu'on peut lui souhaiter de mieux. Je ne comprendrais pas que le Félibrige puisse désormais vouloir, de quelque manière que ce soit, vouloir publier un éloge (ni d'ailleurs une critique) à son égard.

Yves Gourgaud, en Cévennes ce 29 janvier 2010

PS Il est bien entendu que les propos que vous venez de lire n'engagent strictement que moi. Ils peuvent à l'évidence être contestés, critiqués, combattus... et reproduits librement par quiconque.

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# Postato domenica 31 gennaio 2010 09:58

Lettre ouverte au député du Gard Monsieur Lachaud au sujet de l'Occitanie

"ESCRIVI COUMO LOU POPLE PARLO, ES PER ACO QUE ME COUMPRENI." A. MACABIES - janvier 1935 (écrivain audois)

Monsieur,

Je vous ai déjà écris comme vous pouvez le voir, la langue locale déchaîne les passions. Monsieur, vous êtes un élu du peuple, vous êtes donc la voix du peuple et non celle des factions...

Cela dit allez dans les rues, dans les quartiers, d'Avignon, de Marseille, de Nîmes, de Toulon & posez la question qu'est ce que l'Occitan ? peu ou rien, hormis quelques "érudits"...

Posez la question qu'est ce que la Provence & le Provençal, vous en serez étonné de ces mêmes réponses claires...


Si vous avez soulevé autant de réactions contre votre prise de positions, c'est que vous faites peur :

1°) A des gens qui ne vivent que de subventions d'états pour asseoir leur situation associative & leur vie professionnelle.

2°)A des gens qui ne sont représentatifs que d'eux mêmes 10.000 manifestants, cette année à Carcassone, & combien d'élus en dehors de ceux de l'Aude, sur 13 millions d'habitants que leur mégalomanie leur fait croire d'être, Douteux???

3°) A des gens dont un de leurs principaux bailleurs de fonds est le paria Frêche qui se distingue de jours en jours...

Donc voilà, je n'irai pas plus loin, ils se reconnaîtrons, continuez sur la voie du peuple & pas du populisme, le Provençal n'a pas besoin de lendemains qui chantent. Il doit être simplement soutenu comme vous l'avez fait, au delà des partis, des idées, par des hommes & des femmes de coeur.
Il est un des éléments de l'agrégation républicaine, j'irai même mieux, il est facteur de laïcité, il met tout le monde au même niveau.
Mes arrières grands parents en arrivant d'Espagne apprirent la langue du cru au même titre que le français, cela les intégra & donna aux générations suivantes dont je suis une autre conception de la tolérance.

Là, à ce soir vous êtes dans un débat suranné, entre adolescents, ce qui est à moi & à moi , ce qui est à toi on en discute...
Nous nous ne demandons que de préserver ce qui existe & âs de créer une supra-langue comprise de quelques uns, une manière factieuse de concevoir le monde, une manière contre nature, un voile opaque sur la réalité sociale d'un peuple!!!

Vive la Provence, vive le Languedoc
& vive la France...

Sergi Goudard




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# Postato giovedì 28 gennaio 2010 14:13

Quand Mistral et le Félibrige saluaient l'Occitanie par Ive Gourgaud

Quand Mistral et le Félibrige saluaient l’Occitanie par Ive Gourgaud


Ce titre n'est ni un délire ni une interprétation personnelle, et il n'est certainement pas malveillant : en 1886 paraît à Montpellier (Imprimerie Centrale du Midi) un publication de la Maintenance du Languedoc qui a comme auteur collectif  Félibrige / Maintenances de Languedoc / d'Aquitaine / et de Provence : on le verra, y est présente la fine fleur du Félibrige. Et cet ouvrage porte le titre suivant :

SALUT
À L' OCCITANIE
imité de Florian
par Fortuné Pin
traduit en cent sept idiomes
la plupart d'origine romane
et publié
à l'occasion du premier centenaire
de l'abbé Favre

Favre étant mort en 1783, l'ouvrage fut conçu vers 1883, ce que confirme son Introduction. Il s'agissait, pour les félibres, de traduire chacun dans son parler un texte français qui était une paraphrase du célèbre « Salut à l'Occitanie » qui ouvre le roman Estelle du cévenol Florian (1755-1794) : « Je te salue, ô belle Occitanie... » (page 2 de l'édition de 1790). Quand je dis « célèbre », je dois nuancer : en 1886, nous dit l'Introduction, il a fallu que ce soient les félibres cévenols qui fassent observer à leurs confrères que le texte de Fortuné Pin était en réalité un calque de celui de Florian. Mais depuis cinquante ou soixante ans, les occitanistes citent régulièrement Florian pour nous convaincre de la réalité de leur belle Occitanie  : nous verrons ici ce qu'il en est de cette « réalité ».
Le recueil du Félibrige offre donc les différentes traductions (toutes en graphie mistralienne) de félibres des trois Maintenances de Provence, de Languedoc et d'Aquitaine, ces versions étant précédées d'une assez longue introduction qui en souligne l'intérêt philologique. Cette publication doit être prise au sérieux : son coordinateur et auteur de l'introduction est le Majoral Berluc-Pérussis (1835-1902), qui collabore entre autres à la Revue des Langues Romanes de Montpellier. On considèrera en conséquence que les textes et leur graphie ont été soigneusement revus et corrigés avant impression pour donner à cet ouvrage le caractère philologique dont il se réclame.
Ces considérations préliminaires établies, je vous livre ce qui ressort de ma lecture du recueil :

1.Je te salue, changeante Occitanie !

Le titre du texte à traduire étant « Salut à l'Occitanie » et les premiers mots en étant « Je te salue, belle Occitanie », l'occasion nous est donnée de voir comment les félibres ont traduit cette « Occitanie » française : passons sans surprise sur la version latine, qui donne OCCITANIA, et avec un amusement non dissimulé sur la version en vieux français, qui nous livre une OCCITANYE plus vraie que nature, et qui devrait enchanter le Majoral Tennevin.
Restent les versions en lengo nostro, dont la typographie ne permet pas toujours de savoir si le (-i-) de la fin du mot est affublé ou non d'un accent : dans le doute, j'ai regroupé dans un même ensemble les graphies sans tenir compte des signes diacritiques éventuels (avec une exception que je justifierai). Voici le palmarès des diverses « Occitanies » qui apparaissent dans les titres ou, entre parenthèses et en fin de liste, dans le corps des textex :
Oucitanio / Oucitanìo 10 occurrences
Oucitanié 7
Occitanio / Occitanìo 6
Oucitania / Oucitanìa 5
Ouccitanio / Ouccitanìo 4
Occitania 4

Et avec une seule occurrence :
Óucitanié
Oucitàni
Occitanieo
Ouccitania
Occitagniat
Ossitania
(Occitanié)
(Ocitanio)

Soit la modeste somme de 14 graphies différentes pour le même mot !
Consultons le Trésor du Félibrige, qui paraît à la même époque : il n'enregistre que trois graphies possibles.
La première, Óucitanìo, est donnée comme forme de référence pour la langue littéraire provençale, mais il se trouve qu'elle n'apparaît pas dans notre liste de 14 graphies ! Et n'est pas un problème de typographie, puisque le Ó majuscule accentué apparaît fort bien pour noter Óucitanié, cf. plus haut.
La seconde, Óucitanié, est donnée comme marseillaise, mais ce n'est pas un marseillais qui l'emploie dans notre recueil ! (voir plus bas).
La troisième et dernière est Ouccitanìo qui est donnée comme « languedocienne et gasconne » : elle est minoritaire dans notre recueil.
Que retenir de tous ces faits concrets ? Si j'étais occitaniste, je jubilerais : la graphie mistralienne est juste bonne à émietter notre belle et unique Langue d'Oc, alors que notre merveilleuse graphie englobante permet d'écrire partout la même chose, à savoir la forme latine (pardon : occitane) OCCITANIA.
Mais comme je ne suis pas occitaniste, j'en déduis pour ma part que le mot « Occitanie » est tellement artificiel et sans aucune réalité populaire que les félibres, malgré toute leur bonne volonté (on est quand même dans un « salut à l'Occitanie ») n'arrivent tout simplement pas à inventer un équivalent acceptable en vraie langue d'oc, et c'est alors le chacun pour soi et le sauve qui peut général. Le mot n'ayant jamais eu la moindre existence dans la langue réelle, parlée (celle que connaissent les félibres), ils sont bien obligés de s'inventer une solution phonétique -et donc graphique- toute personnelle. D'où l'impressionnante série de 14 graphies différentes représentant (nous sommes en graphie mistralienne, à base phonétique) 14 prononciations différentes... et ce n'est là qu'un strict minimum, puisque je rappelle que j'ai regroupé sous la même graphie des prononciations différentes selon qu'on prononce la finale (-io) en [-yo] avec [o] accentué ou en [-io] avec accentué, etc.
Quant au TDF, on se demande à quoi il a bien pu servir dans ce cas concret : la forme référentielle n'y apparaît dans aucune traduction ! Et il y a pire : la forme du recueil Óucitanié, que j'avais listée seule et que TDF signale comme marseillaise... est précisément celle qu'emploie Mistral dans sa traduction, qui je le rappelle a valeur de texte témoin de parlers précis ! Mistral est tellement peu convaincu de la réalité de cette « Occitanie » qu'il choisit pour son texte en maillanais une forme qu'il vient de donner lui-même dans la « loi des félibres » comme marseillaise : peut-être son goût avéré pour la galéjade à la marseillaise, justement ? En tout cas, le Maître donnant un tel exemple, on ne s'étonnera pas que les disciples aient produit un peu n'importe quoi et au hasard...
Ajoutons, à titre d'amusante surprise, que si Mistral veut bien saluer une Óucitanié, Aubanel quant à lui salue une Oucitanìo avec un accent graphique très visible sur le (-i-) : qui aurait cru que, d'Avignon à Maillane, on puisse observer de telles différences de prononciation ?? On voit là le caractère proprement révolutionnaire de l'Occitanie : à elle seule, elle bouleverse toutes les données dialectologiques du pays rhodanien.

2.Je te salue, hésitante Occitanie !

Comme on pouvait s'y attendre au vu de ce qui précède, certains auteurs sont si peu sûrs de leur « Occitanie » qu'ils vont employer deux formes différentes, l'une dans le titre et l'autre dans le début du texte. C'est ainsi qu'on trouve une « Oucitanìo » suivie d'une « Oucitanìa », dans un texte aux finales atones en [-a] : c'est le titre qui apparaît ici comme un essai malheureux pour trouver une « bonne forme ». On trouve aussi une « Oucitanié » suivie d'une « Occitanié », ainsi qu'une « Oucitanio » suivie d'une « Ocitanio » (ces deux dernières graphies mises entre parenthèses dans notre liste, cf. plus haut). Remarquons que deux de ces trois hésitants sont ou seront Majoraux du Félibrige : l'abbé Pascal et Plauchud. Tout ceci, évidemment, ne fait qu'ajouter à l'extraordinaire confusion déjà signalée.

3.Je te salue, belle Aquitanie !

Encore plus surprenante que l'Occitanye du vieux français, on trouve, dans le titre et dans le texte d'un provençal, la forme Aquitàni , ce qui tendrait à prouver que Mistral n'était pas le seul humoriste de la bande ! Plus sérieusement : un félibre rovençal, c'est bien naturel, reçoit cette « Occitanie » comme une réalité étrangère, et il va donc la situer géographiquement en-dehors de la Provence. Pourquoi pas en Aquitaine ? C'est assez éloigné pour conférer au mot « Occitanie » ce caractère de pays fabuleux, entre Arcadie et Atlantide...

4.Je te salue, belle Languedocie !

D'autres félibres vont carrément mettre les pieds dans le plat : ils savent bien, eux, que cette « Occitanie » qu'ils nous proposent en titre n'est pas la Provence, ni l'Aquitaine, alors ils vont le faire savoir dans leur texte très clairement, et proposer, en guise de « Salut », une explication de titre.
C'est ainsi qu'un félibre des Basses-Alpes, Isidore Long, sous son titre « à l'Occitanìo » commence son texte par un « Salut ! bèu Lenguedoc » qui se passe de commentaire. Quant au propre coordinateur du projet, le Majoral Berluc, il a pris en charge la traduction de deux parlers provençaux distincts :
Sous le titre « à l'Oucitanié », on lit : « Te salùdou, o bèu païs de dela Rose ! », et sous le titre « à l'Oucitàni » on lit : « Te salude, o bèu peïs de dela Rose ! »
On le voit, il devient de plus en plus clair que les félibres provençaux, à l'époque, n'employaient le mot « Occitanie » que pour désigner le Languedoc.

5.Déjà, dans l'Introduction

Le Majoral Berluc, qu'on vient de voir si décidé à montrer que l'appellation « Occitanie » ne concerne que le Languedoc, avait très clairement affiché les intentions du Félibrige à ce sujet, puisqu'on peut lire dans son Introduction les phrases suivantes qui justifient le titre du recueil dans un sens qui certes va déplaire à nos occitanistes :
« Il y a quelque vingt ans, dans une réunion du Congrès scientifique de France, tenue à Aix et à laquelle assistaient mille adhérents, un Languedocien, le baron de Larcy, disait :
« /.../ J'entendais chanter dans ma jeunesse : « O superbe Provence, ô fière Occitanie !... » Ces deux grandes provinces du Midi sont en effet deux soeurs, animées du même esprit, ayant les mêmes intérêts à défendre /.../ »
Cette citation est ainsi commentée par le Majoral Berluc-Pérussis :
Provençaux et Languedociens se sont retrouvés bientôt, et ensemble ils ont poursuivi l'oeuvre décentralisatrice affirmée au Congrès d'Aix. L'Occitanie a rendu, avec usure, /.../ à sa soeur et voisine, l'accueil qu'elle en avait reçu.
Aussi, le jour où celui qui écrit ces lignes /donc le Majoral Berluc-Pérussis, par ailleurs gendre de Fortuné Pin/ a rencontré un « Eloge de l'Occitanie », la pensée s'est à l'instant présentée à son esprit, ou plutôt à son coeur, d'en faire hommage à ses confrères de Montpellier. » (pages 9-10)

6.Ce grand gueusard de Roumanille

On sait que c'est ainsi que Daudet parle affectueusement du père du Félibrige, à la fin de son Curé de Cucugnan. Or ce gueusard, dont la traduction suit celles d'Aubanel et de Mistral, ne va-t-il pas pousser l'outrecuidance jusqu'à intituler carrément sa traduction :
Au Lengadò
et à commencer son texte par un « Salut, o bèu Lengadò » ?
Le vieux Roumanille donne ici à tous ses confrères (Mistral y compris, et à nous par la même occasion) une bien belle leçon de dignité linguistique, car pour être parfaitement compris, il a pris soin de faire suivre son texte des précisions suivantes :

Parla de St-Roumié
Avignoun, 29 de nouvèmbre 1884
et surtout de cette note qui explique son refus de faire semblant de croire à la réalité « occitane » :
Me demandas aquéu reviramen /notez ici un sens du mot (« traduction ») qui n'est pas enregistré dans le TDF/ « en prouvençau di jardin de St-Roumié tau e quau lou parlavo Peireto de Piquet ».
Vau acò faire. E siéu segur d'acò : se Peireto, davans Diéu siegue ! me l'entendié legi, quand l'aurai escri, me coumprendrié e n'en perdrié pas un degout.
J.R. (page XXXVIII de l'ouvrage)

La leçon est limpide, elle reste d'actualité : entre l'Occitanie et sa mère (je veux dire : son parler maternel, son parler naturel), Roumanille a clairement fait son choix, et il se refuse en conséquence à utiliser un mot (Occitanie, quelle qu'en soit la graphie ou le traitement phonétique) que sa mère (qu'un usager normal de la langue) ne pourrait pas comprendre. Je ne crois pas qu'il l'ait fait exprès, mais traiter cette Occitanie de « degout », c'est quand même tout un programme...


En guise de conclusion

Tout s'éclaire donc parfaitement, et le titre (à première vue surprenant voire scandaleux) de la publication de 1886 est tout à fait justifié : un Majoral provençal (Berluc-Pérussis) rencontre un texte intitulé « Eloge de l'Occitanie » et, par amitié pour ses confrères de Montpellier, il décide d'en proposer la traduction. Il sait parfaitement que l'Occitanie évoquée par ce texte n'est que le nom littéraire du Languedoc, et que la Provence n'est qu'une « soeur et voisine » de ladite « Occitanie ». Ce que savaient aussi les félibres-traducteurs, d'où les nombreuses preuves relevées dans les divers textes.
Et d'ailleurs ceux qui ont eu accès au texte original de Florian savent également que cette « Occitanie » qu'il a évoquée dans Estelle n'est, elle aussi, que le synonyme de « Languedoc », ainsi que l'explicite la note 1 de la page 207 : « Le Languedoc ou l'Occitanie, l'une des plus belles... »
Les occitanistes seraient donc bien inspirés de cesser de mentir en prétendant que leur « Occitanie » (à savoir l'ensemble des terres d'oc) a eu comme promoteurs les cévenols Florian et Fabre d'Olivet (celui-ci parlant fort comiquement d' Oscitanie, la patrie des Osques), sans parler du Félibrige de Mistral qu'ils s'évertuent à vouloir faire monter dans une galère qui (du moins en 1886) leur était parfaitement étrangère.
Je sais bien que dans son TDF Mistral définit ainsi son « Óucitanìo » :
« Occitanie, nom par lequel les lettrés désignent quelquefois le Midi de la France et en particulier le Languedoc »,
mais si le Congrès scientifique dont parle l' Introduction réunissait mille participants, et qu'ils entendirent ce Languedocien leur parler de l'amitié entre l'Occitanie-Languedoc et la Provence, on peut se demander combien de « lettrés », à l'époque, désignaient tout le « midi de la France » par ce nom baroque (et faux) d' Occitanie ? La définition de Mistral, même entourée de toutes les restrictions qu'il y met, me semble faire la part bien trop belle au quarteron d'illuminés qui vers 1880 rêvaient peut-être déjà de l'Occitanie impérialiste de nos actuels occitanistes. En tout cas, Mistral et tous les félibres prouvaient, par ce « Salut à l'Occitanie », qu'eux n'employaient le mot que dans son sens historique et exclusif de « Languedoc ».
Ce serait véritablement un progrès si les mistraliens qui emploient le mot « Occitanie » dans son sens occitaniste actuel, impérialiste et anti-provençal, voulaient bien revenir aux fondamentaux et au simple souci de la vérité historique : ce mot, synonyme de « Languedoc » mais d'origine savante, voire pédante, sans aucune racine populaire, n'a en fait aucune raison d'être employé puisque « Languedoc » est un mot à la fois officiel et populaire.
Ceux qui appellent « Occitanie » l'ensemble des Pays d'Oc se mettent du côté des occitanistes et de leur idéologie impérialiste ; ils s'opposent du coup à la vérité historique, ainsi qu' à la pratique des Primadié telle qu'observée ici.

N.B. Le texte étudié est consultable sur le site GALLICA de la BNF.

Yves Gourgaud, en Cévennes, janvier 2010



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# Postato martedì 19 gennaio 2010 12:11

sant Joan de Mata

sant Joan de Mata



Nasquè à Faucoun-de-Barciloùna dien lis Aups en 1160, e mouriguè à Roumo en 1213.

Faguè d'estùdis de teoulougìo à-z-Ais de Prouvenço, puèi à Paris. En 1190 venguè proufessour de teoulougìo.
Si coulegos clèrgues li reprouchèrou severomen d'èsse demourat simple laïc, maugrat sa fourmaciou à l'abàdio de Sant-Victour. Alèro, en 1193, se faguè capelô.

Mas un cop devengut capelô counsiderè qu'avio mièl à faire que d'ensenha, e se retirè à Cerfroid, près de Meaux, ermitan quouro soul, quouro ammé d'àutri. Puèi foundè un ordre amm una reglo, achabado en 1197, qu'instituabo de coumunautats pichounos de clèrgues e de laïcs, proufessant de vots de chastitat, paurièro e oubeïssenço.

Aquessos coumunautats èrou plaçados souto la proutecciou de la santo Trinitat, e administrados per un ministre elegit à vido per lou chapìtoul generau. Li membres pourtabou un vestit routge de croutz blancho. Un tèrs di revenguts de cado oustau de Trinitàris èro counsagrat à redemi, tourna croumpa de captiéus, principalomen de
cristiôs, esclaus di musulmans.

En 1198, lou papo Inoucènci III s'interessè à la coungregaciou e li escriguè en 1199 una letro de recoumandaciou al « miramouli »*, lou souldan del Maroc. Lei campanhos de recroumpo coumencèrou à parti de Marsilho, ounde l'ordre aguè lèu un gros oustau, puèi un aute en Arle e un à Sant-Gèli.

Doubriguèrou també « d'espitaus », d'ouspìcis pels captiéus que tournabou malautes. En 1209, li Trinitàris - sounats també « li Maturins » - aviou una trenteno de counvents. N'aviou de centenaus al mié del sègle XIII.

Joan de Matha s'establiguè à Roumo, dinc una gleiseto que lou papo Inoucènci III li avia dounado, San Tommaso in Formis.

Mouriguè lou 17 de nouvembre de 1213 e fouguè sebelit dien la glèiso. Puèi de Trinitàris espanhòus l'empourtèrou à Madrid en 1665. I es inquèro. Joan de Mata fouguè canounisat en 1666 mas soun culte s'espandiguè pas gaire en deforo de l'ordre di Trinitàris.
Pamin, es un grond Prouvençau

Lou festejou lo 8 de febrié.

Notos :

* Miramouli, formo d'oc, en Itàlio diziou lou « miramomelli », defourmaciou de l'arabe « amir al moumenin » = coumandadour di crezents (musulmans)

* Chau pas creire que li gents dei costos èrou lei soulos victimos di musulmans. S'anat à Oursival, en Basso-Auvernho, veirés à un pourtau de la glèisio lei cadenos di reire-chaitieus que lis omes delibrats oufrissiou à la vierge negro qu'aviou tant pregado.


Alan Broc

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# Postato giovedì 07 gennaio 2010 14:20

Bernat Sarrieu

Bernat Sarrieu
Dissate que ve, lou Felibrige del Coumenge farò oumenatge à
Bernat Sarrieu.

La vido de Bernat Sarrieu (1875-1935)


Neshut en 1875 à Mountalbâ, qu'ei demourat estacach, touto 'ra sio vito, ad viladye de sous aujòus, Sent-Mamet de Lushoun.

A dèts-o-sèt ans, que houc recebut segound à 'ra Scolo Nourmalo Superiouro de Paris.

Mès, despus qu'èro droullot, que s'èro boutach à 'scriéure pouesìo ena sio lengo gascouno ded Païs de Lushoun.

En 1912 qu'acabèc « Era Pireneïdo », grano epoupèo de 32 000 vèrsi, dab ad coustach era traducciou en francés.

S'èro 'stado publicado aquesto obro, ed noste poueto que seriè çampa arrecounegut « ed Mistral dera Gascounho ». Qu'ei ço que pensauo ej ariejoués Adelin Moulis, et taben majourau ded Felibridye. En 1904
Bernat Sarrieu boutèc de pès « Era 'scolo deras Pireneos » e que hasquec pareshe, cado dus mési, era sio revisto « Era Bouts dera Mountanho » aount pouden trouba, aro, û pialè de parlas ded Coumenge, ded Couserans, de Bigorro e d'àuti locs gascous o lengadouciâs ena io ourtougràfio qu'arrespette toutos es lous particularitats.

E de mès, qu'a estùdis de grando valou, e qu'a coumpausat 222 cansous ! Que's mouric en 1935.


ALAN BROC
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# Postato mercoledì 06 gennaio 2010 14:18

Dominique de Loupian

Le tube de l'Hiver
En live depuis les bords de l'étang...., en plus il parait que nous serions petit-cousins???
Bélèu!!!

Allez Boun NADAU

][/Dominique sur Facebook]

# Postato giovedì 24 dicembre 2009 12:02

Modificato lunedì 28 dicembre 2009 16:40

2000 ans & plus d'histoire en Provence : les Juifs du Comtat

Les présents sur la vidéos : Francis Adolphe, mairie de Carpentras, et ses invités, ont dévoilé une plaque rue de la Juiverie, en souvenir de la présence des Juifs du Comtat.
Les officiels présents à cette cérémonie :
Monsieur SIVAN, Consul d'Israël à Marseille, Monsieur Jo AMAR, Président de l'Association Cultuelle Israélite, Monsieur Gilbert MONTEL, Président de l'Association Culturelle des Juifs du Pape et Monsieur Jean Pierre SAAL

Chaque religion a eu ses bons & ses mauvais moments "temporels", les papes ont eu au moins un mérite, préserver & protéger une tradition vieille comme notre civilisation, les communautés juives du comtat venaissin.

Aujourd'hui, où toutes le identités sont en train de se synthétiser, de se fondre, dans des grands blocs, que d'aucun appelle "civilisations" ; souvenons nous de nos différences, mais aussi & surtout d'un respect mutuel, qui fut , plus ou moins réels...mais qui fit un "petit monde".
Mon ami Gilbert Montel m'a envoyé cette vidéo, s'il devait y avoir un message de Noël qu'il fusse ce dernier !!!

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# Postato giovedì 24 dicembre 2009 09:31

Modificato giovedì 24 dicembre 2009 11:46

Vallées provençales d'Italie : GUSTAVO BURATTI NOUS A LAISSA - SCOMPARSA DEL PALADINO DELLE MINORANZE

Vallées provençales d'Italie : GUSTAVO BURATTI NOUS A LAISSA - SCOMPARSA DEL PALADINO DELLE MINORANZE
Gustavo Buratti, Sergio Arneodo e i “Fiet de l'Escolo de Coumboscuro”




Coumboscuro Centre Prouvençal e siou president Sergio Arneodo, vous porten la mario novo que Tavo Burat, amo de la descuberto de la lengo prouvençalo en Italio, nous a lassa estoumatin vers 10 ouro. Ero al merchà de Bielo, la freit i-a escrasa lou cor.

Emé touto nosto recouneissenço a un fraire que nous a mostra la draio, uno priero a un gran dome que a counsacrà sa vido per li pichoto lengo e l'umanità pauro e desperduho.
Gustavo Buratti es esta lou mai grand magistre de l'Escolo de Coumboscuro. La gent de lengo prouvençalo i-e sare sempre recouneissento
Lou boun Diou nous lou garde.


Coumboscuro Centre Prouvençal e il suo presidente Sergio Arneodo, vi trasmettono la dolorosa notizia della scomparsa di Tavo Burat / Gistavo Buratti, anima della riscoperta della lingua provenzale in Italia. Ci ha lasciato questa mattina verso le ore 10,00. Il cuore gli ha ceduto nel freddo del mercato di Biella.
Con tutta la nostra riconoscenza ad un fratello che ci ha indicato la strada, una preghiera ad un grande uomo che ha consacrato la vita a favore delle piccole lingue e dell'umanità più emarginata.
Gistavo Buratti è stato il maggior maestro per la Scuola di Coumboscuro. La gente di lingua provenzale gli sarà sempre riconoscente.
Il buon Dio ne abbia cura.


Sergio Arneodo

# Postato sabato 19 dicembre 2009 12:09